DEBRUIT & ALSARAH A L’OUVERTURE DE CONTRETEMPS

9 juin 2014

Le Festival Electro Groove Contretemps (http://www.contre-temps.net/) s’est ouvert jeudi dernier avec un Live de Dèbruit & Alsarah (https://soundcloud.com/soundway-records/d-bruit-alsarah-alkoan-baladi) qui ont sorti leur album Alsarah (http://www.lemellotron.com/2013/09/23/aljawal-debruit-alsarah-2013-soundway-records/) au Musée d4art Moderne et Contemporain !
Lui est DJ et musicien électronique, elle une chanteuse qui a fui le Soudan pour Brooklyn !

On y entre par les claviers modifiés de Débruit comme en une rencontre spatiale du 3ème type aux notes obsédantes (http://www.dailymotion.com/video/x2wdl7_rencontres-du-3eme-type-langue-des_shortfilms), puis arrive Alsarah lançant des appels de louve modifiés par les boucles de Débruit! Elle utilise deux micros, un pour le chant live, un autre plus éloignés pour qu’il modifie son chant de ses effets!

La seconde chanson est dédiée à un chanteur qaui considèrait l’Univers comme sa maison. Elle y révèle une voix de cantatrice arabisante dans l’aigu comme dans la musique Soudanaise Traditionnelle, enchaîne avec leur première chanson, l’éponyme Aljawal (http://www.youtube.com/playlist?list=PLkZkciiW0hVrNiyWGRUtNAc_Ic69lbkPM), entourée de cris et clameurs tribales qu’il lui renvoie après qu’elle les ait poussées, nous emportant avec cette tribu désertique imaginaire sous ses youyous !

Elle poursuit avec une nouvelle chanson composée à Bruxelles (http://www.youtube.com/watch?v=bJEB30Hdb4I) célébrant une femme qui se libère pour voir les beautés du monde et surmonter ses peurs! Sur une guitare Rock Turque Indianisante Bollywoodante samplée par Débruit en collages tectoniques défiant le temps et la gravité musicale. En fait Débruit ne déconstruit que pour y rajouter des musiques oubliées, les réduit à DES BRUITS et les projeter les uns contre les autres non sans attraction musicale!

Suit Dreamer (http://www.youtube.com/watch?v=-WRIVCicHXU) , “souvent nous sommes subjugués par la réalités, alors que nos rêves pourraient nous inspirer davantage».
Et à la demande d’Alsarah, le public enthousiaste assis envahit enfin le bord de la scène pour danser, intensifie une transe de bédouins modernisée façon Dubstep par Débruit, quand soudain, Alsarah saute de la scène et court vers la porte (pour lui faire une surprise dira-t-elle plus tard) nous laissant seuls avec CEBRUITS, non pas Débris, saucissonnés de l’Inde mais ventousés ventousant aimotionnellement déjouant les folklores existants vers un syncrétique folklore imaginaire fictif.
Et si DEBRUITER c’était au contraire REDONNER sens ou au moins Forme à ce que les Bruits (ou la musique réduite à des bruits) auraient de non contrôlés, d’accidentel et d’aléatoire, de non intelligible contrairement à la musique!

Alsarah revient pour Jamilia (http://www.youtube.com/watch?v=PBYlaEg9Buk ), hommage à la Beauté féminine, à tout ce qui est féminin dans la Terre, la Mer, le Ciel, Homme et Femme, Vie et Mort! Elle commence en prière tournoyée qu’elle chante a capella et dont lui fait par ses effets sonore, son traitement sonore le chemin, les échos, les canyons et les lacs ricochets, crée un paysage en live pour faire voyage cette voix!

La chanson suivante trouve dans sa course dans les grands espaces sonores qu’il construit ou débruite pour elle quelque chose des pow wows amérindiens, de certains chants sauvages qu’il accélère vers le Nord de l’Europe, vraiment une belle complicité vocalo//électronique entre eux !

Suit Sharara (http://www.youtube.com/watch?v=XfskIi2G9UY), chant traditionnel pour quatre voix de femmes et des percussions, Débruit recomposant cette transe d’une façon proche du Mexican Institute Of Sound (http://www.youtube.com/watch?v=kpm3rupZyRc)!
Parfois il lui envoie en plus de l’écho sa propre voix comme choriste ou tribu de femmes à l’unisson de sa voix, crée des dunes sonores et des mirages musicaux envoûtants en architecte sonore efficace.

En Bis ils reprennent Ya Habiba (http://www.youtube.com/results?search_query=d%C3%A9bruit+%26+alsarah++habibi) sur un oud techno et des beats de Débruit rappelant On The Road Again de Canned Heat (http://www.youtube.com/watch?v=qRKNw477onU)

La voix d’Alsarah et sa complicité musicale avec Débruit dans le respect de ce qu’elle à d’humain et le syncrétisme des cultures est une expérience musicale qui donne de l’espoir pour l’avenir des musiques traditionnelles et électroniques !

Jean Daniel BURKHARDT

BLOCK PARTY : SIR JARVIS, SOULEANCE & DJ FORMAT AU STUDIO SAGLIO

23 juillet 2013

En warm up, Sir Jarvis (https://soundcloud.com/sir-jarvis) nous gratifie comme d’habitude des bootlegs de son label Badass 45 (http://www.discogs.com/label/Badass%2045) Hip Hop Comicxs et des Good « Evil Vibrations » (http://www.youtube.com/watch?v=InZTP6RaTxo) et de sa culture Soul Funk Disco (plus celle là d’ailleurs, car si les bootlegs marchent, c’est avant tout un amateur de musique) titre phare de nos soirées «Saturday», (samedis Funkys) dont l’histoire que j’avais déjà racontée grâce à Tal Stef serait le symbole de contretemps à elle seule : le vrai titre est « Roller Skate On Saturday », est sur une compilation de 4 Hero «Mighty Riders ». En tous cas c’est une hymne efficace de la Funky Soul Nation des soirées locales. Après information de Tal Stef le 28 juin 2008 (http://jdb.blog.estjob.com/index.php/post/2008/06/29/JAZZAMAR ), en voici un peu plus long sur ce thème qui est passé par l’âge du Groove, du Hip Hop et du remix rédigé alors :
« Les “Ah AhAha” célestes des “Good Vibrations” sont des “Evil Vibrations” des Mighty Ryeders qui me font penser à des Beach Boys Black Soul’N'Funky, Fender Space, au saxo Jazzy et basse et percus Brazil tremblotantes à la fin, mais sans “Saturday”.
La version Hip Hop par De La Soul : A Roller Skatin’ Jam Named “Saturdays” reprend surtout la basse groovy en base de scratch avec des vocaux “Saturday” que je préfère dans le vocal féminin, avant un final plus sombre. »
En effet, je préfère l’énergie de la version remix plus récente de “Rebirth Rebirth” dans “Evil Vibration” remettant au goût du jour les Mighty Ryeders mais revitaminisés avec des impros moins smooths et des backings où l’on devine une fête funky derrière, ou le public live, sans “Saturday”, mais avec plus de Groove et d’entrain dans les “Ahahaha” féminins sur la fin. »
FIN D AUTO CITATION !
Jarv poursuit avec un bon Boogaloo (http://www.youtube.com/watch?v=CIJfdVPACyw) (la latin Soul de la Fania qui donna lieu à la Salsa), et comme dit la chanson suivante « Don’t Stop The Music », car c’est pas du Rihangnagna, et que les Winerockers, shiny happy people venus spécialement d’Allemagne (de Gegngenbach via Offenburg me dit Martin Eble) colorent la piste et mettent l’ambiance!

Avec Jarv’, même faire penser à Lalo Schifrin avec « Sad Song » de Mountain Jam (http://www.youtube.com/watch?v=21AKz8miMPk) avec des cordes c’est pas Mission Impossible (http://www.youtube.com/watch?v=R0wtBQ4KnQ4), moins que de retrouver ce titre que j’ai cru lire sur le vinyle!

Il poursuit avec de la Disco digne des disques que mixait Larry Levan (http://www.youtube.com/watch?v=4QgKf9c4-5Y ), puis Cypress HIIIIIIll enchaîné sur le scrEAERAEAEAm de James Brown en remix medley enchaînant « I Know You Got Soul » (http://www.youtube.com/watch?v=oFQ7Y-sgfvo) avec Bobby Byrd et Keep On Singing « Talking Loud And Saying Nothing » (http://www.youtube.com/watch?v=bXUa6VVqq4c), pas les plus connues et un petit bout de “Sex Machine” (http://www.youtube.com/watch?v=huZFThnetjo) pour la plus grande joie des Wine Rockers !

Il enchaîne avec du Hip Hop festif sur le rythme de Wannabe (http://www.youtube.com/watch?v=zzHSsjiZb1w) des Spice Girls.. « Say we…Having Fun », puis Scratchin de The magic Disco Machine (http://www.youtube.com/watch?v=AlYCRNizzqc), un bon 80ies au saxo muppet pouet poet sur la guitare un rien Country à la Creedence Clearwater Revival et un super orgue !

Suit « Cola Bottle Baby » (http://www.youtube.com/watch?v=Z3AKrwna2C8) d’ Edwin Birdsong, l’original du « Harder Better Faster » (http://www.youtube.com/watch?v=Z3AKrwna2C8) de Daft Punk et c’est pas le seul
(http://www.topito.com/top-samples-daft-punk)! Daft Punk comme version humanoïde du Funk ? Voilà pourquoi ils cachent leurs visages derrière des casques intégraux!

Et Got On Ev’ry Body Get Up (http://www.youtube.com/watch?v=KokcxYENvHM) ! Uh! Uh! (http://www.youtube.com/watch?v=hp1QPTRs2U4 )

Et une « Pussy Cat Pussy Cat/ Stuppid » From Tha School (mal lu sur la pochette) me fait penser en funk au « Behave Yourself » de “Bad Boy” nommés Beatles (http://www.youtube.com/watch?v=LG292heZfOc ) flirtant avec la « Mustang Sally » de Wilson Picket (http://www.youtube.com/watch?v=fsjFi4KkOZc )!

“A Musical Trzesure” (http://www.youtube.com/watch?v=nPvuNsRccVw ) Disco Funk!

J’adore Sir Jarvis https://soundcloud.com/sir-jarvis pour sa Culture plus encore que pour ses bootlegs Badass 45 (http://www.discogs.com/label/Badass%2045)!

Et finalement « Love Is The Message » (http://www.youtube.com/watch?v=vLg_THUncng) nous sommes tous des MFSB (Mères, Pères, Frères, Sœurs) où ai-je lu dans “Le Chant de la Machine» ?

Un frémissement dans la salle chez la jeunesse et c’est la barbe de DJ Soulist (https://soundcloud.com/dj-soulist ) et la moustache de Fulgeance (https://soundcloud.com/fulgeance ) alias Souleance (https://soundcloud.com/souleance) qui rappliquent ! J’avais découvert Souleance lors du passage de Fulgeance il y a 4 ans au Molodoï pour Contretemps et m’étais dit : Tiens Souleance (http://www.deezer.com/fr/artist/270832) je préfère à Fulgeance tout seul!
Ça commence en mode Bollywood remixé façon Onra (http://www.youtube.com/watch?v=b6J0jMivM5I ).

Fulgeance excelle dans le remix ralenti (http://www.youtube.com/watch?v=ts55rLPpPhg) réinventant des claviers 70ies sur le Funk Californien (http://www.youtube.com/watch?v=Ql1oOUFHepU) sur un rythme pré annonçant «Separated At Birth » (http://www.youtube.com/watch?v=hX3oyo1tKco ) de Dj Format à venir avec des soupirs féminins funkys (http://www.youtube.com/watch?v=qpGGn0Z6ec4). DJ Soulist est aux platines vinyles, à la sélection, Fulgeance au MPC, au traitement rythmique.

Et les deux se taillent l’un à l’autre en pointillés complices sur leur re Edit de « You Can’t Love Me» ((http://www.youtube.com/watch?v=vCNZz_sCA9s) de Chemise (http://www.youtube.com/watch?v=sKoBpDM9S8c) des costards sur mesure ralenti/accéléré par Fulgeance sur son MPC (http://www.youtube.com/watch?v=2cHp5M7P2c4 ).

Dj Soulist quant à lui sélectionne du bon Funk style « The Brain » (http://www.youtube.com/watch?v=eWr1wIztHpQ) des American Breed pour le film « Le Cerveau (http://www.youtube.com/watch?v=E-Kf_ttmnew) de Gérad Oury !
Au moins en délaisse-t-il les featuring Hip Hop (http://www.youtube.com/watch?v=DLWx7sDejQg) pour le Funk qu’il aime ou si ce sont des bootlegs ça s’entend pas à la couture, la jointure!

Un Northern Soul (http://www.youtube.com/watch?v=b6J0jMivM5I) « Don’t Let It Twice …Boy » (http://www.youtube.com/watch?v=N-5q5Ja_W1Q) ?, laiise quand un peu les riddims que Souleance cisèle de ses beats comme ce « Passarinho » (http://www.youtube.com/watch?v=EPA7KegRG-8) mais passe aussi ses propres morceaux.

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Arrive enfin DJ Format (http://www.djformat.com/) qui, me dit Jarv qui l’a vu à l’œuvre dans une bourse aux disques l’après midi est un « digger » (chercheur de pépites musicales) du genre à s’agenouiller direct devant les bacs de raretés délaissés au sol !

Il commence par une version d’’Hold On I’m Comin’ » de Sam & Dave (http://www.youtube.com/watch?v=GuHlkHeIixc) mais INSTRUMENTALE (http://www.youtube.com/watch?v=PiaoQA4caAI) mais plus cuivrée à la manière des Apples. (http://www.youtube.com/watch?v=he9E2Kd-3n4)!

Tiens, voilà des cuivres que Sir Jarvis lui a piqués pour son Bootleg « Freaky Grapewine » (http://www.youtube.com/watch?v=qEbFXcqH92s) d’ « I Heard It Through The Grapewine » de Gladys Knight & the Pips (http://www.youtube.com/watch?v=WWvwP72FuVg).

Oui c’est un bootlegger que Dj Format, un tailleur sur mesure et pas de la cire comme Wax Tailor, mais du sur mesure qui s’adapte au lieu où il passe et passe même du Français comme la meilleure chanson d’Alice Dona, « C’est Pas Prudent » (https://www.youtube.com/watch?v=q3mflQ9Bmek) , enchaîne avec un lalala Vintage, mais ausso de la pop d’ailleurs Bollywood ou Orientale « Ala Danai Dana Tala » ? et « Fire » de jimi Hendrix (https://www.youtube.com/watch?v=XBhH1Zkd0cQ) mais dans la version plus festive des Red Hot Chili Peppers (https://www.youtube.com/watch?v=NFEZ39fOPxU ) et même la version d’ Ella Fitzgerald de « Sunshine Of Your Love » (https://www.youtube.com/watch?v=ogJjMCLQpno) de Cream (premier power trio des années 60s et groupe d’Eric Clapton) (https://www.youtube.com/watch?v=pwDo0JUeKqM) avec les cuivres funky du label allemand MPS ! Mais tout ceci en gardant un beat RNB/ Hip Hop (https://www.youtube.com/watch?v=yf-6aTiTnoc)!

DJ Soulist reviendra pour un after set House Rocky devant juste l’équipe de Contretemps.

Bonne soirée, mais le public, les Winrockers exceptés n’était pas trop au rendez-vous.

Jean Daniel BURKHARDT

LES ANDROMAKERS AU MUSEE D’ART MODERNE

11 juin 2013

Les Anrdromakers (www.andromakers.com/) arrivent dans le bruit assourdissant d’un avion crissant au décollage dans l’ampli, mais ces hôtesses aux oreilles ornées de plumes (et d’une boucle d’oreille en soleil inca pour la chanteuse) et la grosse caisse claire d’un dreamcatcher, (attrapeur de rêves) au cas où calment le vol vers les nuages (https://www.youtube.com/watch?v=LmwcEsSNm0I) en apesanteur sagement, la voix de la chanteuse fait penser à une Kate Bush avec le côté déjanté de Björk, l’autre pond des œufs roses et y faitt germer le rythme de graines successives comme d’un bâton de pluie sur des claviers new wave mais sur le tambour, la chanteuse déclenche un orage, crève le ciel de soleil peu à peu à la fin.

Le second titre est plus asiatique (https://www.youtube.com/watch?v=O9xIvAQsaA0), les voies aériennes, comme les chinoiseries ambientes de Brian Eno dans « Music For Airports » (http://www.youtube.com/watch?v=RfKcu_ze-60) et les voix sont plus classiques dans les aigues sur des jouets synthés évolutifs à faire s’endormir et rêver les enfants sages. Mais dans la rythmique au fond des lasers sourd un drame.

La troisième chanson fait plus pop (http://www.youtube.com/watch?v=MiKIpCPm2dw) aux rythmes préprogrammés, et la mélodie à la Blondie, les claviers plus Ping Pong sur des prolongés d’orgue baroque et de fausses palmas flamencas rythmiques de la chanteuse.

La suivante dit la chanteuse « pour son chien » (https://www.youtube.com/watch?v=W9R55jL9_ek), « Song For My Dog » (https://www.youtube.com/watch?v=zTgQonPypUA), mais elle miaule joliment, tandis que l’autre souffle dans un mélodica rose, puis la chanteuse frappe la casse claire, peut-être pour faire bondir son chien ou évoquer ses joyeuses galipettes, jusqu’au final.

Dans un autre titre chinoisant, le miaulement est modulé par la distance du micro. La chanteuse joue de la batterie électronique qui se prolonge en sample bio apocalyptique sur les percussions.

Suit un « Blind test » (www.youtube.com/watch?v=yJWRh91nCZE) où l’on reconnaît aisément au glockenspiel dès l’intro (video.mytaratata.com/video/d9dfccdf9ees.html) « La Mer » de Charles Trénet (www.ina.fr/video/I05052745), mais dans la version la plus moderne, actuelle, XXIème, électro, sous-marine, bathyscaphe, nautilesque comme à travers les glaciers à l’âge du réchauffement climatique, à la Emilie Simon.

« Spider On The Wall » (http://www.youtube.com/watch?v=EUIuoGmdNfU ) se profile et tisse lentement sa toile délicate sur des cloches et glockenspiels, mais là encore se trame quelque chose à l’arrière des claviers dans la toile qui se résout en samples ruisselants et scintillants, qui explose quand toutes deux en viennent aux percussions.

Leur plus belle chanson pop est peut-être « Father Denis » (http://www.youtube.com/watch?v=WnYOn533A2g) remix de « La Mort De Darius » (mais qui semble avoir, même sur le web, supplanté l’original) pour le martèlement mélancolique des claviers tristes et progressifs, ascensionnels et spatiaux, tremblotants, doublé de la carcasse d’un vaisseau turbulencé à pleine vitesse par des orages magnétiques auquel s’ajoutent les percussions tribales et clapotements d’autres mondes bouillonnants et une mélodie belle à pleurer dans le break et un chant fragile et touchant et ceci dès son écoute rapide sur soundcloud (https://soundcloud.com/andromakers/father-denis-la-mort-de-darius), mais cette version électro est moins forte car plus électronique.

Pour finir, elles jouent « Supid Sun » (http://www.youtube.com/watch?v=3r5Ak-wEFBg ) mais leur propre remix électro qui vient de sortir en Maxi (http://www.youtube.com/watch?v=ngeawiNl_Mo ). En effet elle est plus violente et moins mutine que la première, les synthés crissent et elles hurlent, s’égosillent comme pour sortir le son des touches. Version moins pop, plus glauque et électro, mais beaucoup plus gaie, féminine et vivante que les synthés de Martin Rev l’an dernier. Bien savoir composer des chansons pop ET les remixer elles-mêmes, elles n’ont donc besoin de personne ces Amazones énergiques!

Ce qu’il y a d’intéressant chez les Andromakers, c’est peut-être ce mélange de naturel tribal modernisé et d’électronique futuriste instantanée, comme pour nous dire qu’ il y aurait une vie après le tout industriel possible encore, des plumes à penser jusqu’aux ailes, d’autres tribus urbaines cosmopolites et mutantes à inventer.

Jean Daniel BURKHARDT

RAINER TRÜBY FERME CONTRETEMPS 2011 A L’ECOLE D’ARCHI

19 juillet 2011

Après l’Impérial Tiger Orchestra, la dernière soirée de Contretemps invitait à l’Ecole D’Archi le DJ  Rainer Trüby (http://www.myspace.com/rainertrueby ), pionnier du breakbeat Brazil avec « Agogo » (http://www.dailymotion.com/video/x17udq_truby-trio-a-go-go_music ).

Il commence son mix dans le style de sa « New Music » (http://www.dailymotion.com/video/xbbenc_root-down-rainer-truby-jimpster-28_music) ou, me dit mon voisin, plus au fait des musiques électroniques et triplette de Detroit, Deep House (http://www.youtube.com/watch?v=PBP_r1KQyjQ) sur le rythme rock 71 de « Black Betty » de Ram Jam (http://www.youtube.com/watch?v=lMLnDuzgkjo), alternant House quand la basse passe à l’avant et Deep House sur une basse,  guitare et une flûte indienne à la Hariprasad (http://www.youtube.com/watch?v=OuiEN2roPrs&feature=related)  Chaurasia (http://www.youtube.com/watch?v=72rUP1WpVKI&feature=related), puis un saxo à la «Nation 2 Nation » (http://www.youtube.com/watch?v=72rUP1WpVKI&feature=related) sur la compilation House « Galaxy II Galaxy » (http://www.deezer.com/fr/music/galaxy-2-galaxy) d’Underground Resistance qu’il me recommande comme « Century ».

Mais dans l’autre Salle de la cafétéria, pourtant plus sale et moins obscure, Dr Donuts (http://www.myspace.com/jazzfreaks), habitué de Contretemps et sans qui il ne serait pas tout à fait Contretemps non programmé officiellement cette année, mais venu de Paris car « c’est la famille », mixe en OFF avec No Stress du Funk 70ies.

Speedy  Hombre Gonzalès (Spider Man latino) Danse la Salsa  Plus Mas Comica, des chanteurs noirs chantent d’antiques guagancos, « Psychasténie » (http://www.youtube.com/watch?v=BnkDQXlrIX4), Bolly Rock d’époque à vous fiche une maladie mentale sous LSD extrait de la BO du Pacha (http://www.youtube.com/watch?v=ybvSKCUzEg8) par Gainsbourg, peut-être encore rediffusé sur W9 (je l’y ai revu le 3 juillet),   la fanfare « The Brotherhood Of Brass » (http://www.youtube.com/watch?v=rd4BWgRxCFg) de Broban Markoviç (http://www.youtube.com/watch?v=3hxFXJ4KAK4&feature=related) joue du Féla Kuti avec des alphorns et autres souffleurs. A Propos d’Alphorns le VSP Orchestra (Vibraphone Special Project, dédié aux vibraphones et alphorns se produira à La Petite Pierre Jazz Festival) le jeudi 11 août et y enregistrera son nouvel album live!

Et ce qui me fait plaisir et me donne de l’espoir pour l’avenir, c’est que TOUS LES JEUNES ne sont PAS chez Rainer Trüby !!! A l’année prochaine, avant qu’on ne me traite encore de vieux trouble-fête réactionnaire!

Jean Daniel BURKHARDT

IMPERIAL TIGER ORCHESTRA à la Friche Laiterie

18 juillet 2011

L’Impérial Tiger Orchestra (http://www.myspace.com/imperialtigerorchestra ) est un groupe d’Ethio Jazz Genevois original car non suiviste mais ayant une interprétation personnelle à l’énergie parfois free du répertoire lui aussi original, car dépassant la période Ethiopique 1969-1974 par des reprises de titres plus contemporains ou Non Ethiopiens.  

Les instruments sont aussi originaux :un krar (luth éthiopien en forme de harpe) basse en guise de basse et phin (luth Thaïlandais au manche terminé d’une branche perpendiculaire) pour guitare (Cyril Moulas), percussions éthiopiennes (keboro, paal) (Luc Dètraz) en plus de la batterie (Julien Israelian), clavier rhodes au jeu non conventionnel (Alexandre Rodrigues), saxophone baryton et alto free (John Menoud) et trompettiste présentant le répertoire (Raphaël Anker). Ils viennent de sortir après « Addis Abeba »  leur second album « Mercato » (http://beta.deezer.com/fr/music/imperial-tiger-orchestra ).

Le rythme est aussi plus prononcé, plus proche du Gnawa tapé des mains avec transe dans « Djemeregne » ((http://www.youtube.com/watch?v=gif9zEFSGZQ) de Muluquen Melesse (http://www.youtube.com/watch?v=duZC9QMmCmo&feature=related), issu du premier album. On remarque, dès le premier solo le SON saturé, 70ies du fender rhodes (http://www.youtube.com/watch?v=_pKlwCWMtPA&feature=related) avec un côté orgue vintage ou Xénophone Bojan Z, par vagues et jusqu’à l’électro ou au Rock dans l’intensité, presque spatial (http://www.youtube.com/watch?v=CSM4ke1Ooos&feature=related)  puis le solo de saxophone baryton surpuissant et free, les riffs de plus en plus forts dur les percussions (http://www.youtube.com/watch?v=CSM4ke1Ooos&feature=related ). On prend une claque dès le premier titre.

L’originalité de répertoire est aussi de sortir de la seule Musique Ethiopienne pour un instrumental Soudanais. D’ailleurs l’Imperial Tiger Orchestra n’est qu’instrumental pour un répertoire souvent chanté dans les originaux (http://www.youtube.com/watch?v=WUM3DVPKOHM) .  Ce second titre se développe sur les riffs funkys du saxophone, avec un son particulièrement aigu du phin presque Rock 60ies et du baryton pendant son solo. Le clavier Vangélise ce répertoire avec le son kitsch dans « Zoma » (http://beta.deezer.com/en/music/imperial-tiger-orchestra ) et le saxo part en ambient plus qu’en Free à la Garnarek, motrant un aspect plus atmosphérique et Cool de leurs interprétations comme pour les Blues (http://www.youtube.com/watch?v=zgQlgBANLvE).

Sur une reprise des années 80s (période Ethiopienne peu jouée par les groupes d’Ethio Jazz), ils redeviennent plus funkys et Miles années 80s avec nappes de claviers à la Raï et  beaux échanges saxo trompette, suivie de Shinet (http://soundcloud.com/mental-groove/imperial-tiger-orchestra), un thème de mariage du dernier album) repris très rapide avec le saxo aux aux youyous et phin soliste très Rock Surf Thaï. Par rapport au copié collé du  Badume’s Band et au côté trop foutraque de « Cannibales Et Vahinés » (qui ont mieux réussi dans la musique Ethiopique sous les nom des « Tigres Des Platanes »), ils emportent cette musique Ethiopique ailleurs, tout en ayant aussi joué avec des éthiopiens (http://www.youtube.com/watch?v=7r0_O5gvr_w&feature=related).

Autre excursion dans la musique Soudanaise, ils reprennent « A La Segaï » ( ?) de Mohammed Wardi, musicien Soudanais mais qui joue souvent à Addis Abeba (http://www.youtube.com/watch?v=WkegFEEwjjM) et participa même à l’Ethiopian Millenium (http://www.youtube.com/watch?v=R_paVp2H_lQ ), joué avec un solo de claviers plus 70ies.

Puis ils reviennent aux classique Ethiopien « Lale Lale » (http://www.youtube.com/watch?v=U4QdRCxLtmA) d’Abrar de Mahmoud Ahmed (http://www.youtube.com/watch?v=EbBS6s45LuY&feature=list_related&playnext=1&list=AVGxdCwVVULXcWSMcNHXH72tSmeFn6bFnN) mais là encore moins connue que « Ere  Mèla Méla » (http://www.youtube.com/watch?v=vl7vCGI_-4Q&feature=fvwrel), extrait du second album « Mercato » suivi d’ « Emneté » (premier album) (http://www.youtube.com/watch?v=CSM4ke1Ooos) avec un saxo bien free groove sur la basse et les petites notes de claviers/jeu vidéo sur une rythmique twist.  

Le Mulatu Astatké rendu méconnaissable par le traitement, sinon dans le rythme Dico/ Reggae, avec des claviers DZOING DZOING et les échappées free du baryton (http://www.youtube.com/user/Mirdasss?blend=2&ob=5#p/u/0/4MlVOuJvJ5o).

Un dernier plus calme avec « Selam Temagwet » (http://www.youtube.com/watch?v=Sr65C8Ga19E ) (premier album) où le phin se fait Ballade Thaï et la trompette à la Miles/Chet/Truffaz sur une basse groove et un clavier discret, à la  Ené Alantche Alnorem de Mulatu avec ses sables du désert (http://www.youtube.com/watch?v=6CzwbmXz2Qc) et l’ont joué avec plus d’énergie Blues Rock dans le krar au Fendika à Addis (http://www.youtube.com/watch?v=BO1hzbdveo0).

Ils terminent d’ailleurs avec un autre Mulatu Astatqé à la « Dewel » (son titre le plus free) (http://www.youtube.com/watch?v=tEieoGqcsrU)

Bref, un groupe qui détonne des reprises Ethiopiques pour ceux qui commencent à s’en lasser.

 Jean Daniel BURKHARDT

ALEXANDER BARCK A L’ART CAFE

6 juillet 2011

Vous trouverez le nom d’Alexander Barck dans les disques du collectif Berlinois Jazzanova sur Sonar Kollektiev qui remixe ou compile le Jazz Funk Soul, mais alors que les autres chantent comme Duplaix ou jouent du clavier comme Leisering (http://www.youtube.com/watch?v=cWCTn76q1xI), lui n’est QUE DJ, on a donc plus de mal à trouver un titre de Barck tout seul, vu qu’il est toujours là, mais derrière les autres, plus discret mais omniprésent (http://www.youtube.com/watch?v=MuhyLotVtjY). 

Cependant, en Live, sur le Batorama, il rassemble les influences Disco, Jazz, Funk (http://www.youtube.com/watch?v=wwNxJ2dwplM) ou House (http://www.youtube.com/watch?v=aij_Slw8ng0) et rallonge d’un solo de guitare  l’hymne aux samedis soirs « Saturday » d’Evil Vibrations des Mighty Ryederrs (http://www.youtube.com/watch?v=InZTP6RaTxo ) passé au Hip Hop en hymne au Skaters via « Saturdays » de De La Soul  (http://www.youtube.com/watch?v=ig5Xi-S0Fjo&feature=related ) et ressuscitée par « The Rebirth » (http://www.youtube.com/watch?v=Mh4kz68vxLs).  Les pompiers de Strasbourg en enlevèrent leur T-shirts comme des chippendales  à notre passage aux cris des jolies filles embarquées sur l’esquif!

Il  pose ensuite sur le squelette d’une rythmique Electro (http://www.youtube.com/watch?v=WPzcHfx2Lkw)  du dub à la Bela Lugosi’s Dead (http://www.youtube.com/watch?v=OKRJfIPiJGY&feature=related) de Bauhaus et des cuivres Afro Beat  et des échos avec une voix New Wave.

Plus tard à  l’Art Café, il passe « I Want Your Love » (http://www.youtube.com/watch?v=8UFhdYhE9ko) de Chic, de la Soul (http://www.youtube.com/watch?v=nPiaDdQK4GM) à la Drum’N’Bass, à un medley  de Reggae Roots avec « I gonna put it on » de Bob Marley (http://www.youtube.com/watch?v=J8QetxoSHp4&feature=related) & The Wailers (http://www.youtube.com/watch?v=mOrLMoyUIgU) en version moins Rocksteady (http://www.youtube.com/watch?v=cpizIpBd5Lo) que l’original et moins dub ralenti  zarbi que la version Lee Scratch Perry (http://www.youtube.com/watch?v=8g8PKhSVYMo)  plus  percus Nyabinghi (http://www.youtube.com/watch?v=fPxJu_KIiLE&feature=related).

Il nous transporte ensuite en California Soul sur une rythmique Drum’N’Bass, et jusqu’aux Caraïbes suivant  « The Dark Gold Of The Sun » (http://www.youtube.com/watch?v=aaSWjGIWEmM) de Nuyorican Soul (remixé par 4 hero (http://www.youtube.com/watch?v=r-UUBLmHMos). 

Bref, la culture musicale d’Alexander Barck nous a fait voyager musicalement à travers le temps et les  continents. 

Jean Daniel BURKHARDT

EBO TAYLOR A LA SALAMANDRE

5 juillet 2011

Le guitariste (http://www.youtube.com/watch?v=dyYy5X4s6gM) et chanteur Ghanéen Ebo Taylor (http://www.myspace.com/ebotaylor ) est le fondateur du High Life (ancêtre Ghanéen de l’Afro Beat de Féla, mélange de Funk, Soul, Musiques Latines (http://www.youtube.com/watch?v=XIc-FSuSRsA&playnext=1&list=PL498D4C03534F3A3C )  et Rythmiques Africaines) (http://www.youtube.com/watch?v=bGnJW4v-mtM).

Ebo Taylor quitte son Afrique natale en 1962 (http://www.youtube.com/watch?v=cMiPIq0dfmo) pour s’installer à Londres afin d’étudier d’autres genres et de bonifier le sien. Financé par des gouvernements africains, Ebo Taylor officie au sein du “Black star highlife”,  band essentiellement composé d’étudiants, lui permet de confronter son style à un côté plus occidental (http://www.youtube.com/watch?v=TTw-lBBO4XU ).

Il semblerait même que le Nigérian Féla Kuti lui ait piqué quelques trucs, au niveau du placement de la voix et du débit ((http://www.youtube.com/watch?v=X8JroeCwflw&feature=related) pour son Afro Beat plus Rock & Electrique pour se démarquer du High Life par des impros plus Jazz et au message plus anticolonialiste (mais la plupart des noirs d’Afrique devaient alors se libérer de leurs complexes dus au racisme, à l’esclavage et à la colonisation subis).

De retour aux pays, Ebo Taylor produit une grande quantité de morceaux pour différents labels et travaille aussi bien entouré, comme avec C.K Mann (http://www.youtube.com/watch?v=KPs6Lxt4pCk), autre figure plus jeune du highlife.

Redécouvert grâce au premier Ghana Soundz (http://www.youtube.com/watch?v=DMCCTNwovuE&feature=list_related&playnext=1&list=AV4oVf-d_DwKAyPT6GGylKxfFh13iPSOdG), les amateurs ont retrouvé avec joie Ebo Taylor dans un registre plus Latin Soul par ses saxophones, cuivres et percussions pour Twer Nyame (http://www.youtube.com/watch?v=TS3-hzPMc-Q&feature=related) sur le second.

Toute cette production se retrouve éparpillée sur diverses compilations (http://www.youtube.com/watch?v=zj5VtNgdl7U&feature=related), notamment chez Strut.
Son dernier album s’intitule “Love And Death” et fut enregistré avec l’Afrobeat Academy de Berlin (http://www.youtube.com/watch?v=dyYy5X4s6gM) et a remporté avec un grand succès.

Ebo Taylor commence son concert avec « Victory », sur une guerre entre deux villages exaltant les vertus guerrières et nationales, instrumental déjà enregistré sur « Conflict Nkra » avec Uhuru Yenzu (http://www.youtube.com/watch?v=SFu_KEaGljA ), puis repris sur son dernier album « Love & Death »  (http://www.youtube.com/watch?v=rq-nqnv6e9g&feature=related ), plus axé sur le saxophone et la trompette de l’Afro Beat Academy.

L’un de ses musiciens harangue la foule « This Is Ebo Taylor !!! »

 Sur le premier titre chanté, Ebo Taylor a une voix plus aigue que Fèla Kuti, mais danse encore à plus de 70 ans sur les chœurs « Africa ». Dans son solo, on voit qu’il est un grand guitariste sur la batterie cataclopante latine, les nappes du clavier, la guitare rythmique wah wah de ces musiciens plus jeunes que lui,  avec les cuivres à l’attaque tels des lions d’Afrique, le clavier dansant sur les roulements de la batterie.

Le tempo s’accélère avec « Nga Nga » (http://www.youtube.com/watch?v=MO3vNO6yhlM ),  nouvelle chanson d’après une comptine ghanéenne :  le premier doigt dit « Nga Nga », le second « Qu’est-ce qui ne va pas avec toi ? », le troisième « peut-être qu’il a faim », l’index « peut-être amène la nourriture », et le pouce dit alors « si tu amènes la nourriture, je le dis à papa ». Sur ce tempo plus rapide, Ebo Taylor est plus proche de Fèla avec cette voix de prêcheur énÔrme, plus Afro Beat.

Le titre suivant est plus funky sur un rythme Reggae avec des rires « AHAHAHA » tonitruants d’Ebo Taylor. Le solo de saxophone part très vite  jusqu’aux basses puis au cri.

Ils poursuivent avec « Mizin » (http://www.youtube.com/watch?v=CeQ1rvepgfg), critique de l’ingratitude et des rumeurs de ceux qui salissent son nom après avoir profité de ses bontés. Le solo de guitare d’Ebo Taylor est plus Jazz sur la guitare wah wah.

Suit la chanson la plus bouleversante qui donne son titre à son nouvel album « Love & Death » (http://www.youtube.com/watch?v=19SLUVaOfCs) , déjà gravée sur «Conflict Nkra » (http://www.youtube.com/watch?v=oWSfbunmWdM) dans les années 80s avec des chœurs féminins. C’est quand sa femme l’a quitté qu’Ebo Taylor a compris que Love & Death », « L’Amour & La Mort », sont liés et indissociables.  Le rythme est plus vif sur le dernier album, le texte plus émouvant chanté par la voix d’Ebo Taylor avec ce côté à peine éraillé qu’elle a pris avec le temps et les revers de la vie, prêchant son message aux « Brothers & Sisters », plus émouvant dans ce registre plus sentimental, que le didactisme politique anticolonial de Fèla, ou plus proche de celui de « Coffin For Head Of State » (http://www.youtube.com/watch?v=Q021-VyLzpk ) après qu’il ait été blessé et sa mère défenestrée par l’armée Nigériane.

Ebo Taylor peut aussi être un grand guitariste électrique Hendrixien (http://www.youtube.com/watch?v=XIc-FSuSRsA&playnext=1&list=PL498D4C03534F3A3C ).

Il revient encore en Bis avec un hommage aux Femmes Africaines, grosses ou maigres, « African Woman » (http://www.youtube.com/watch?v=jGWoXWzwm0I) comme une réponse à  « Lady » (http://www.youtube.com/watch?v=DoAI8IrGpKk ) de Féla et peut-être sa chanson la plus proche de son phrasé.

Enfin , avant de partir, Ebo Taylor joue encore « Heaven » (http://www.youtube.com/watch?v=uljMZ3m0W2g ) avec un solo de saxo à la Macéo Parker et des vocaux tribaux à la Fèla, puis explosion de batterie finale.

Seul survivant des deux, Ebo Taylor en est venu à  rapprocher son High Life de  l’Afro Beat de Fèla Kuti qui l’avait créé plus électrique et plus Rock par réaction/différenciation par rapport au High Life d’Ebo Taylor qui l’avait précédé et à en perpétuer sa propre version . 

Et aujourd’hui c’est Ebo Taylor qui nous émeut doublement en nous rappelant inconsciemment certains aspects de Fèla que nous ne verrons jamais sur scène, ou ce qu’il aurait pu être à son âge, ayant trouvé paix et sérénité après les combats de sa jeunesse. 

Mais la relève est aussi assurée par les fils Fémi (qui n’a jamais été aussi proche de son père que sur son dernier album) et Seun Kuti (en interview dans l’avant-dernier Mondomix et en concert le 7 août à 17 h au Festival « Au Gré Des Jazzs » de La Petite Pierre.

 Jean Daniel BURKHARDT

LE GRAND UFF ZAQUE, KINGS LOVE JACKS ET SIR JARVIS AUX PELOUSES ELECTRONIQUES

1 juillet 2011

Ils sont suivis du Grand Uff Zaque (http://www.myspace.com/legranduffzaque ) venus d’Allemagne: Meister AD MOC, un MC Ragga Hip Hop complètement « Ouf » mais un peu énervant, une GRANDE et très jolie chanteuse au feeling  Soul ((http://www.youtube.com/watch?v=Pe_Mm438G9g&feature=related)  Massive Attack/ Crystal Waters (http://www.youtube.com/watch?v=BXSotXfjqLM)

et un GRAND Saxophoniste aux cheveux longs qui arrive à maintenir dans ce contexte parfois bruitiste un feeling à la Garbarek entre Oriental et Groove, les derniers aux claviers, basse et batterie fournissant un bon « Zaque » au soutien rythmique efficace et tout terrain (http://www.youtube.com/watch?v=QbSchRumtG4&NR=1 )..

Sur  Saxual Freedom (http://soundcloud.com/mosef/saxual-freedom ) (peut-être leur titre le plus complet ou aux influences les plus diverses),  la chanteuse a une voix qui vient du fond du Blues de la Ruhr,casse sa voix au fond de sa gorge jusqu’au cri (http://www.youtube.com/watch?v=fKEqDeTMwpE), le saxo prend des solos magnifiques, puis la rythmique passe au Drum’N’Bass et à la Salsa, avec une bonne progression de l’un à l’autre.

Ein Zwei Drei « Mothafucka »  später arrive le « Fool’s Rappin’ » (http://www.youtube.com/watch?v=eVk0B_lCabI ) et la chanteuse danse qui danse comme une liane plus gracieuse qu’eux deux réunis quand elle ne chante pas, quand soudain le clavier en tombe ou se jette de la scène mais le saxo garde son à-propos. La Princesse africaine Laura (c’est le nom de la chanteuse)  part en mode Scat avec le saxo sur les block chords ralentissant du clavier en Break Dub tandis que le Rappeur aboie.

“On My Own” (http://www.youtube.com/watch?v=eqm2NYQZfCg ) est à propos d’une fille qui donne tout et perd à la fin, mais elle lui donne la pêche, la Soul, à la Skye de Morcheeba et plus de Groove au refrain jusqu’au sublime solo oriental de soprano coudé, souffle et soupire sur les mains du public à la Tricky en maque de Ventoline dans « Hell Is Just Around The Corner » (http://www.youtube.com/watch?v=F3bBKTdk2Kk).

La suivante est présentée comme « Musik And Nothing Else », une ballade par le MC mais  il hÛÛÛrle en mode Ragga Grindcore (http://www.youtube.com/watch?v=QbQkkI497Nc&feature=related) énergiquement. Finalement ce fut son intervention vocale la plus intéressante à mon sens. C’est encore Laura qui chante la mélodie avec le soutien du saxo en fond sonore (http://www.youtube.com/watch?v=jeCOfrClQw4&feature=related).

Un Break Drum’N’Keys/MC plus tard, ils partent en Bop Gillespien  « Back To New Orleans » sur un piano Boogie Woogie.

Changement de basse, «On dirait qu’il est au Sahara »,  et une chanson « à propos de l’argent » avec la chanteuse Indianisante magique sur les claviers liquides et le soprano modifié et une fin de la chanson à la  Cinématic Orchestra avec scat Soul, saxo et claviers Boogie.

Autre chanson sur la « Mer Bleue » dont le MC serait la mouette hurlante du port groovy, la chanteuse la sirène, le clavier l’élément liquide/ le flot déchaîné et le saxo le vent sur les vagues de la basse, le tonnerre de la batterie.

« Sweeter » avec de bons claviers et un fredonnement de la chanteuse, une belle montée du saxo avec la voix, belle complicité à la Billie Holiday/Lester Young entre eux ((http://www.youtube.com/watch?v=OWbTRTNOhTk&NR=1 )  et elle sublime et féline sur les claviers bossa. Heureusement le MC en profite pour fumer sa clope ! C’est elle alors qui enlève/envole le groupe « straight up to the sky ».

On nous invite à « Fermer Les Yeux », et ce sont encore elle et le saxo  qui donnent à rêver à un monde sans MC, avec juste le scat de la Princesse et le super solo de saxo (http://www.youtube.com/watch?v=tIplVKPRuvo&feature=related ) sur la drum’n’bass.

Et soudain ils s’immobilisent en FREEZING !!! Original et Amusant !

Une chanson sur un type dans un ascenseur est plus Cool, suivie de 500 Gramm de Bass (http://www.youtube.com/watch?v=iEvXYsEDFNk) un peu lourdes.

Enfin, la Princesse Africaine vraiment à pleurer de la Bossa Groovy  « Crickets Sing For Ana Maria » (http://www.youtube.com/watch?v=dqrINSxGj9c) de Marcos Valle, montrant qu’elle et le saxo ont vraimentun GRAND mérite a rester avec cette bande d’Uff Zack !

On avait déjà pu voir Kings Love Jacks (http://www.myspace.com/kingslovejacks) dans Zeroklub (http://www.myspace.com/zeroklub) avec Serge Haessler il y a trois ans aux Pelouses du Jardin des 2 Rives, mais ils semblent n’avoir trouvé le succès national (http://taratata.france2.fr/Pages/JEUNES_TALENTS_page.aspx?sig=iLyROoafzM9I ) que sous ce nouveau nom.

Un laptop Dub, une basse funky et des platines scratchantes Hip Hop et une batterie forment ce combo efficace, mais la pluie aime véritablement trop Contretemps pour ne pas s’y inviter.

Il y a un côté Disco Funky Electro à la  Justice (http://www.youtube.com/watch?v=QlqU2MTAb4g) dans leur musique mais « In The Beginning Was The Groove » dans les cordes de Quincy pour Mickael Jackson  le décollant «Off The Wall »  pour  « Don’t Stop Till You Get Enough » (http://www.youtube.com/watch?v=yURRmWtbTbo).

Un côté Gnarls Barkley dans le Barking à la face du Flipper Scratchant partant en Dub Celtique Tribal (http://www.youtube.com/watch?v=kCO1AwVl1pk ).

Ils passent du Deep Groove au Heavy Hip Hop avec un chanteur Disco Justique 1984ien.

Mais j’étais en train de danser avec un teufer percingué qui avait plus d’endurance que moi.

Sir Jarvis assura le final entre Yma Sumac (http://www.youtube.com/watch?v=yhUBJZdL8BY )  et ses derniers remixes (http://www.youtube.com/watch?v=KEGYmQ3d3Ps) Boogaloo/Soul/Funky Parrrty/Broken Beat Badass 45 ! Et c’est le teufer percingué qu’est parti avec! Bon il avait dansé tout son set!

Jean Daniel BURKHARDT

ETIENNE C & TRIBUMAN & JAZZOMATIX AUX PELOUSEES ELECTRONIQUES

1 juillet 2011

L’après-midi commence par un premier set agréable du Nancéen Etienne C(aillet) (http://www.myspace.com/technojazz ), trompettiste et DJ entre ambient (http://www.youtube.com/watch?v=E5_ZOvA9MfQ), Dub (http://www.youtube.com/watch?v=weGhWh0BdOE&feature=related), Funk,  Soul ou Drum’N’Bass (http://www.youtube.com/watch?v=41SEmFRQkFo), sans qu’aucun de ces éléments n’empiète sur les autres, ni le DJ sur le trompettiste à la Truffaz voire Miles Davis ou Ibrahim Maalouf (http://www.youtube.com/watch?v=8TlR3EdigUM), ce qui est rare et fait preuve d’une belle écoute, d’un double talent et d’une mise en place efficace quand la situation pourrait relever de la schizophrénie. Physiquement et dans ce talent à allier Live et Electronique, il me fait un peu penser à Laurent De Wilde, pianiste de Jazz qui mena un projet électronique à l’orée des années 2000s

Arrive  Tribuman (http://www.myspace.com/tribuman ), chanteur Ragga et son groupe Funk Jazz Drum’N’Bass, Latin Jazzomatix (http://www.myspace.com/jazzomatix ), d’où toute l’originalité, qui viennent de sortir leur album (http://www.deezer.com/fr/music/tribuman-jazzomatix/tribuman-jazzomatix-590620).

Les claviers de Boris Labouèbe sont réglés avec plus de rebond/contretemps reggae que sur le disque et commencent par  l’ « Underground International » (http://www.youtube.com/watch?v=g5cpPKlPbYM) chanson gravée par Tribuman avec Solo Banton, au début terrifiant et aux claviers electro/ska.

Plus connu, « La cité De Dieu » (http://www.musicme.com/#/page.php?q=Tribuman+%26+Jazzomatix+La+Cit%E9+De+Dieu) est inspiré du film du même nom (http://www.youtube.com/watch?v=XJwVYdCt6h0 ) aux influences Banda Black Rio dans son refrain latin Brazil sur rythmique Drum’n’bass  mais s’applique aussi à nos propres ghettos et cités oubliées et questionne l’indifférence en remplaçant le « monde à l’envers » par « l’envers du monde ».

« Pour les amateurs d’Acid Jazz » sur les claviers Acid et la basse funky, la trompette Jazz d’ « Être Au Top » (http://www.musicme.com/#/Tribuman,-Jazzomatix/titres/Etre-Au-Top-t2215595.html?play=3661585422969-01_04 ) inspiré d’un air de Talking Blues de Bob Marley en plus Funky fait référence à Robert Johnson autres Jazzmen et à leur quête musicale « pas pour la gloire ou pour toucher une grosse enveloppe » et avec une jolie mélodie.

« Tout Là-haut » ((http://www.youtube.com/watch?v=kMPM_b-AV34)) est l’une des plus jolies mélodies du groupe, même sans la voix Soul Ragga Lova ni Maeva aux chœurs de Merlot (Manu Le Baobab) au texte serein et regardant de haut la ratrace de Babylon.

Autre nouvelle chanson où « le Funky devient Ouf », « Unity Vibz » (http://www.youtube.com/watch?v=ORJR7NhCe5Q) fut gravé par Tribuman avec Slonetsa Ces chansons gravées d’abord en digital featuring prennent plus d’ampleur avec le backing band aux influences reggae funky drum’n’bass/jungle et aux claviers housy par nappes du KORG avec un super solo de trompette de Tribuman (alias Cédric Munsch) modifié par les claviers et les effets.

Jean Daniel BURKHARDT

DEE NASTY LIVE à la BLOCK PARTY

1 juillet 2011

Enfin, Least But Not Last, on a pu entendre le DJ (http://www.youtube.com/watch?v=TPFz… ) pionnier du Hip Hop (http://www.youtube.com/watch?v=cNHm…) en France, Dee Nasty (http://www.myspace.com/djdeenasty) qui après avoir découvert les débuts du Hip Hop avec le Funk (http://www.youtube.com/watch?v=EgTc…) scandé de Sugar Hill Gang (http://www.youtube.com/watch?v=diiL…) en 1979, l’a introduit en France sur les radios pirates puis son album « Paname City Rappin » (http://www.youtube.com/watch?v=6b4N…) en 1984, organise des Block Parties à Paris (http://www.youtube.com/watch?v=6b4N… ), fait la première partie d’Afrika Bambaataa et intègre sa Zulu Nation (http://www.youtube.com/watch?v=6b4N… ) et a fait découvrir NTM, IAM, Assassin sur Radio Nova ! Entre autres aventures plus urbaines, il a aussi participé au dernier album du contrebassiste du Buena Vista Social Club Cachaïto Lopez avec « Cachaïto In Laoratory » (http://www.youtube.com/watch?v=MHrO…)!

Il commence son set par «U Can’t Touch This » (http://www.youtube.com/watch?v=otCp…) de MC Hammer en plus soulfull d’après « Superfreak » (http://www.youtube.com/watch?v=QYHx…) de Rick James, chorégraphie que dansent encore les Trolls de World Of Warcraft.
Dee Nasty reprend le Beat du Funk cadencé , du Hip Hop Funky sur le rythme ralenti de la basse électro de « Lately » (http://www.youtube.com/watch?v=yaOQ…) de Massive Attack avant « Standing On The Top » (http://www.youtube.com/watch?v=N774…), des Temptations, se souvient aussi des origines Soul et funky du Hip Hop.
Il a d’ailleurs découvert le Hip Hop avec les chanteurs de Funk cadencé de Sugar Hill Gang dans « Rapper’s Delight » (http://www.youtube.com/watch?v=diiL…) sur «Good Times » de Chic (http://www.youtube.com/watch?v=rTus… ) à New York avec les Block Parties en 1979 alors qu’il s’y trouvait pour son travail. Mais il n’en est pas resté à la version Sugar Hill Gang (qu’il ne passera même pas), mais nous dénichera une version instru avec des cuivres Brésilienne & Funky par le Gang De Tangarela sous le titre « Melo De Tagarela » (http://www.youtube.com/watch?v=OaJD…).
Mais il sait aussi y ajouter des percussions tribales sur une bonne basse groove et reproduit la gaieté, l’ambiance collective des Block Parties, cette joie adolescente des années 60s avec The Equals « Funky Like a Train » (http://www.youtube.com/watch?v=c8OR… ) sur fond de sirènes, groupe de Jamaïcains Anglais de 1965.
Une fois que tous les DJs et le public seront montés sur la scène avec lui, Dee Nasty balancera encore une version féminine de « Rapper’s Delight » en Disco Reggae par Xanadu & Sweet Lady (http://www.youtube.com/watch?v=d4Ff…).
Bref Dee Nasty montra n’être pas qu’un DJ Hip Hop mais aussi un DJ Funky branché sur la sono mondiale du Groovy World. Et si ça lui fait du bien à lui, à nous aussi !

Jean Daniel.BURKHARDT