PELOUSES SONORES 2016 : KIDAN, G PHIL, SOKAN, ALBINOID ORCHESTRA, BLOCKSTOP

4 juillet 2016

Décalées il y a 15 jours pour cause de risque de pluie (qui finalement ne tomba pas) le 12 juin, les Pelouses Sonores (https://www.facebook.com/events/609490372546933/) de Contretemps eurent lieu hier 3 juillet 2016 sous les nuages mais sans pluie!

J’arrive pendant le set de Kidan (https://soundcloud.com/mossa-kidan) (j’ai raté Sista Fabienne et sa sélection Reggae), groupe de rock touareg tamashek de Mossag Ahataya (https://myspace.com/kidalira), petit cousin de Tinariwen (https://www.youtube.com/channel/UCwGO7Dfp9g3zsfDmIYjWajw) qui vit à Strasbourg et écrivait en 2012 : « C’est d’abord un retour aux origines. Quand je suis retourné au mali à l’âge de 16 ans (https://www.youtube.com/watch?v=tvWOLrGZdno), j’ai assisté à un concert de Tinariwen. C’est monté en moi, chaque note s’est incrustée et j’ai su que c’était ce que je voulais faire de ma vie. Par la suite ça a été une question d’opportunité, certaines se sont présentées d’elles-mêmes, j’en ai débusqué d’autres et je suis à l’affût de ce qui peut se présenter.
Le rythme touareg c’est un nouveau vent, celui du désert, le Adou ni sahara. Il change complètement l’idée qu’on se fait de la musique. C’est différent. C’est mystérieux. La note est transportée, découpée, l’oreille nous guide intuitivement. Avec lui on se lie à la nature, à l’univers.
Parfois il me met les larmes aux yeux, parfois il me fait rire, il m’exalte aussi à ses heures, à ses cotés je voyage. »

Je l’avais reçu dans mon émission Terres Tribales il y a plusieurs années, la formation a changé depuis : Mossag est toujours à la guitare folk dont les cordes basses sont un peu utilisées comme guembri par moments, électrique et au chant, secondé d’une chanteuse et guitariste (https://www.youtube.com/watch?v=fJrVAt40jTY), avec Issam Ahmed Azzi un nouveau bassiste très funky et Pierre Durand, bon batteur percussionniste Afro Beat capable de le suivre aussi sur des rythmes Gnawa.

Il mettent le public en transe avec leur « Eleila Eleila » accéléré
Mossa dédicace le morceau suivant à ses amis avec qui il a joué à l’Orangerie, dont Bachir à la « Place Paradise » (?) dont Bachir, et Aldo, vêtu d’un baudrier (sans montagne, peut-être un mur d’escalade ?) crie « Valse avec Bachir ! » (un film d’Ari Folman contre la guerre Israèlo arabe (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=125077.html)), après avoir écrit Desert Blues sur la banderole de Strasbourg.eu. En effet, sans être une valse, le morceau est plus calme.

« A Mustahila » est à nouveau plus énergique avec un bon solo de guitare électrique pop anglaise indianisante (période Rolling Stones où Brian Jones allait au Maroc).

Suit « Lybia », une chanson sur la Lybie, dont je ne comprends hélas pas les paroles (j’aimerais bien avoir son point de vue, avec le mal qu’a fait la France à ce pays), suivi de Tamoudré sorti en 2013 (http://musiquesactuelles.net/sortie-de-tamoudre-nouvel-album-de-kidan/) qui veut dire danser (donc se rapprocher de la scène).
Ils terminent un reggae funk touareg électrisant à la Toumast
(https://www.youtube.com/watch?v=ybtTBfBLrQY) et partent non sans avoir appris à chanter le refrain de «Watila » (https://www.youtube.com/watch?v=fwcz60d95AI) aux vocaux plus Hip hop en Africain et français sur une bonne batterie Afro-Drum’N’Beat.

Eli Finberg, MC de Blockstock annonce G Phil et les percussions de Sokan (www.sokan.eu/) et crie « Allez Ciel Bleu » (ça change d’ «Allez Les Bleus »!)

Après la super sélection de G Phil (bon Deep Funk et second titre Funk Afro) et les percussions de Sokan arrive l’Albinoid Afrobeat Orchestra (https://www.youtube.com/watch?v=yV-OYEF1u4s) composé de musiciens de Strasbourg : Cyprien des Fat Badgers au mini clavinet (maison?) mais qui envoie du son, Geoffrey Soup (batterie), Adam Lanfrey (d’Adam & The Madams) (chant et guitare), le soprano des Chapeaux Noirs, « Fat Bass » le bassiste de Jim et des cuivres !
Je préfère Adam dans ce contexte hurlant du Fèla Kuti sur la guitare et la basse, la batterie afro beat permanentes. Comme chez Fèla, il ne chante qu’après de longues improvisations des autres (pas tous à chaque chanson, un par chanson), ça rallonge quand même à 4 chansons à l’heure mais reste plus fidèle à l’original de Fèla Kuti.
Ils continuent avec « Open & Close » (https://www.youtube.com/watch?v=Mvs1d3EYPZA) appelant à ouvrir et fermer son esprit, mais aussi ses bras et ses jambes dans une chorégraphie originale.
Après « Dengue Dengue » , ils finissent par un « Zombie » (https://www.youtube.com/watch?v=Qj5×6pbJMyU) de Fèla (joué malgré la censure avec répression de l’armée à Kalakuta où sa mère trouva la mort, défenestrée, mais Fèla leur fit un procès!) ma compo préférée de Fèla avec « Lady », avec un Adam Lanfrey déchaîné !
Ils n’ont pas de disques à vendre, « Si ça vous plaît, achetez ceux de Fèla Kuti ! » dit Cyprien !
Ils ont appris leur partie au débotté et c’est l’AVANT DERNIERE fois qu’il jouent de l’Afro Beat , la DERNIERE sera au Kawati Groove Festival (https://www.facebook.com/events/1718146011781126/) Jeudi 14 juillet avant de se concentrer sur un projet de compos électro!

Il y avait encore Blockstop qui ont sorti leur album « Wake Up On The Water » mais j’ai dû partir !

Et à défaut de Ciel Bleu, il n’a pas plus, et la France a gagné 5 2 contre l’Islande, comme ça tout le monde est content !

Jean Daniel BURKHARDT

FINAL BEAT : Big, Oh, Mr Raoul K, Octave One

30 juin 2016

C’était déjà le Final Beat Samedi 18 Juin avec tout d’abord en warm up [Big|https://www.facebook.com/BIGOH1979/?ref=ts&fref=ts] [Oh|https://soundcloud.com/big_oh]

Big Oh c’est le premier dj qui me fit RESTER à des mixs électros (j’allais déjà aux mixs funks de Sir Jarvis) dans les années 2000s. A l’époque il se produisait à L’Elastic sous le nom de Big Olive avec [Jeff Lieb|https://soundcloud.com/jeffl]. Aujourd’hui Big Oh se produit au [Rafiot|http://www.rafiot.net/] aux Soirées Friendship ou [House Force|https://www.facebook.com/events/132961737129013/] comme ce samedi 2 juillet 2016 et Jeff Lieb au Mudd le second samedi du mois dans ses soirées « Sucre Lent»!

Dj depuis la fin des 90′s, Big Oh est également co/fondateur du label Friendship et producteur au sein du collectif du même nom dont le hit « [Phreak Mania|https://soundcloud.com/soundpellegrino/friendship-phreak-mania-from] » sorti sur [Sound Pellegrino|https://soundcloud.com/friendshiprecordings/phreak-mania-laura-leischman-project-le-mouv-radio-france] en juin 2014 affole toute la sphère électronique par son saxophone, son piano balafon obsessionnel et sa voix basse à la Real Fake MC.

Il commence en beats, puis interrompt comme sur son « [Piano Bar|https://soundcloud.com/big_oh/piano-bar-420-mix] » sorti sur « Still Diggin’» mais  en piano solo (courageux devant les clubbeurs du Final Beat, ça m’a soufflé!), sur lequel il reprend en Salsa, puis piano/ percus /cymbale ride mixés.

((/public/Big_Oh.jpg|Big_Oh.jpg|C|Big_Oh.jpg, juin 2016))

Là j’avoue c’était une super sélection musicalement, super mix, avec le piano funky japonais de CROMAGNON (peut-être mal lu de loin, CROVASON ?), bon clavier lent dégoulinant Funky Soul à la Marvin Gaye House dégoulinant dynamisé d’un contretemps Reggae digital, «[ Bermuda|https://soundcloud.com/mcde-recordings/sets/harvey-sutherland-bermuda-ep] » d’[Harvey Sutherland|https://soundcloud.com/harvey-sutherland], mais avec une montée de claviers sur la clavé Cubaine et les percus latines.

Paradoxalement ce qui me fait « partir » ou « planer » comme maintenant c’est toujours les instrus claviers/voix in the mix, plus rarement les beats, mais dans ils ont plus le temps de s’imposer sur la longueur jusqu’à l’ivresse hypnotique dans un mix House que de 45 tours funky style Rocafort Records ou même Gilles Peterson dont la sélection est impeccable mais ce sont les 45 tours tels quels. A partir de [Larry Levan|https://www.youtube.com/watch?v=KP1rAB16Y6I], les djs ont rallongé les 45 ou 33 tours en live (comme le faisait le dub jamaïcain dès le début) à partir des années 79 sur la basse funky de la disco.

Il continue avec le remix d’[Angola|https://www.youtube.com/watch?v=GJjnAQLl9vQ] de Césaria Evora et Pepe Braddock par Carl Craig appliquant le même principe aux percussions et aux voix, de la jungle tribale percussive à la jungle dancefloor des villes et des clubs mais sur la basse d’ « [Evil Vibrations|http://www.youtube.com/watch?v=InZTP6RaTxo] » pour les « Aaaah Aaah » découvert à [Contretemps en 2008|/index.php?post/2008/06/29/JAZZAMAR] avec Marc Mac de 4 Hero «[ A Roller Skating Jam Named Saturday|https://www.youtube.com/watch?v=DfxiHxJheuc] » de De La Soul ici remixé plus cool par [Morales|https://www.youtube.com/watch?v=JaiKcEcZ7Zs] à 6 du mat en 12 inch pour en proposer une version plus Latin House!

Bref, la House permet plus d’improvisation musicale sur le track que de le passer tel quel un disque après l’autre en dj pousse-disque d’une sélection fût-elle excellente! Entre la sélection et la transformation sonore ou rythmique de l’original, c’est le talent du DJ!

Pour passer le relais, Big Oh nous laisse à « Kinshasa », en afro beat house accéléré à la manière de sa reprise « [Too Much Information|https://soundcloud.com/mr-raoul-k/too-muh-information-mr-raoul-k-transformation-mix] » de Fèla Kuti, ce qui lui vaut une accolade de [Mr RAOUL K|https://www.residentadvisor.net/dj/mrraoulk], réfugié politique ivoirien venu à 12 ans d’Agboville, ébéniste rasta et dj musicien, Raoul Konan alias [Mr Raoul K|https://soundcloud.com/mr-raoul-k] a construit ses mixes et sa réputation entre les soirées à Hambourg, les clubs à Berlin et son home studio à Lübeck où il réinvente les transes hypnotiques d’une house panafricaine, une « Baobab Music » scellant le mix de la techno contemporaine et des musiques d’Afrique de l’Ouest, des bpms, de la kora et du balafon, à la croisée de l’afrobeat d’Anthony Joseph, des remixes du chicagoan Ron Trent et des playlists des meilleurs dj’s de Cologne.

((/public/Mr_Raoul_K.jpg|Mr_Raoul_K.jpg|C|Mr_Raoul_K.jpg, juin 2016))

Mr Raoul K mélange des percus djembés [Afro|https://soundcloud.com/mr-raoul-k/mr-raoul-k-bycartb-raoul-ks] (à l’origine de la House Music) à sa House et des vocaux « Touch Me », rajoute koras et [balafons|https://soundcloud.com/mr-raoul-k/mr-raoul-k-just-in-a-moment-of-balafon-journey] modifiés façon konono N° 1 pour compléter «[ Le Cercle Peul|https://soundcloud.com/mr-raoul-k/le-cercle-peul-club-mix] » sur des voix House acidulées « i have to get up in the morning » ou féminines « I heard you say », rallonge les percus par les nappes de la house.

Et chez lui aussi [les voix Afro pygmées Sénégalaises peuvent naître d’un clavier|https://soundcloud.com/mr-raoul-k/mr-raoul-k-himalaya-three] ou d’un balafon.
Le public apprécie et danse devant lui gaiement.

Après la jungle Africaine arrive celle urbaine de la  troisième vague de la techno de Detroit. [Octave One|octaveone.com], duo formé par les [Burden Brothers|https://soundcloud.com/octaveone] (Lenny et Lawrence parfois associés à leurs trois autres frères), est un rejeton de la Techno Bass, à l’angle des productions de Derrick May, des hits d’Inner City et des manifestes d’Underground Resistance, le mythique collectif co-fondé par Jeff Mills et Mad Mike. Fondateurs du label [430 West|http://www.430west.com/], label à Detroit d’Eddie Fowlkes, Terrence Parker et Aux 88, Lenny et Lawrence Burden travaillent la lumière, le rythme et la lancinance sur des thèmes urbains, sombres et fiévreux, mixant avec style, techno et deep house. [Leur remix du Butterfly caught de Massive Attack, noir et onirique, est une œuvre d’art.|https://www.youtube.com/watch?v=1q6MyzLTuPQ]

((/public/Octave_One_Lennie_Lawrence.jpg|Octave_One_Lennie_Lawrence.jpg|C|Octave_One_Lennie_Lawrence.jpg, juin 2016))

Lennie Burden est le plus maigre avec des lunettes à la spike Lee et joue des sampleurs, laptop et autres claviers ( ?) (il y avait un clavier sur scène, mais je n’ai vu ni Big Oh ni Raoul K s’en servir, après pour Octave One j’étais bloqué côté Lawrence par la foule des danseurs(ses)), « crée » les sons, son frère Lawrence, plus balaise et musclé, agit plus sur les boutons pour modifier le son en ingé son, amplifier certains éléments ou en réduire d’autres.

Bon faut dire que leur premier beat énorme a soufflé ma pinte de bière du casier sous l’ampli le répandant sur le sol! Ce fut ma première rencontre avec leur musique.

((/public/Octave_One_Vibe_Strasbourg.jpg|Octave_One_Vibe_Strasbourg.jpg|C|Octave_One_Vibe_Strasbourg.jpg, juin 2016))

Le reste fut une suite d’ascensions sonores, de progressions de plus en plus rythmiques, de plus en plus bruitistes, de la jungle africaine à celle urbaine, technologique de Détroit.

Les claviers synthétiques sautillants augmentés d’une nappe sonore de Lennie sont poussés par Lawrence vers des formes de plus en plus rythmiques jusqu’à leur climax, puis Lennie crée une autre forme, de plus en plus rythmique.

C’est plus proche de la techno [Derrick May|https://www.youtube.com/playlist?list=PL32293A2971FDBC2E]  (innovateur rythmique () il y a trois ans que de la House funky de Marshall Jefferson l’an dernier dont le « [Move Your Body|https://www.youtube.com/watch?v=QAR8cq5Bl94] »  faisait chanter les oiseaux au petit matin en sortant du Living Room.

Ils ne jouent pas d’instruments mais presque abstraitement du « SON » en lui-même que des disques par rapport à Marshall Jefferson qui a la culture Soul Funky et en garde les voix entre les montées rythmiques.

C’est plus froid, plus urbain, mais pour moi manque peut-être cette humanité des voix, cette « âme » et ce groove qu’on a peut-être plus pu entendre chez [Sadar Bahar| residentadvisor.net/dj/sadarbahar]  lors de la première soirée, mais je suis rentré trop tôt pour l’entendre, cette victoire de l’humain par contamination sur la machine qui est pour moi le miracle de l’électro quelquefois.
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Pure produit de la techno allemande, [DANA RUH|danaruh.com] berlinoise d’adoption est DJ résidente du Club Der Visionare, occupant ses journées à triturer des pistes gorgées de sons texturés en studio. Son style a évolué entre techno minimale et house clinquante qu’elle distille aux quatre coins du monde, remplissant aussi vite les salles que son compte Instagram.
Peut-être le clavier était pour elle ?
Elle termina la soirée mais j’ai pris le dernier bus de nuit à 4 h 30 du matin!

Le travail d’un DJ couvre cette « discothèque » entre la sélection des titres funkys (Rocafort Records), venus d’ailleurs (Ernesto Chahoud, Gilles Peterson) et la création du son (Octave One) ou sa transformation (Africaine 808).

Encore un bon festival cette année !

Jean Daniel BURKHARDT

WE LIKE Gilles Peterson au Roc en Stock

23 juin 2016

Gilles Peterson (https://soundcloud.com/gillespeterson) c’est l’inventeur du terme « Acid Jazz » lors d’un mix en 1988 il a dit « Et Maintenant voilà l’Acid Jazz ! », puis fondateur d’un label du même nom et de « Talkin’ Loud », le diggeur des diggers des djs anglais qui collectionne dans son studio de Brownstown des vinyles non réédités des années 60s/70s Soul Funk et Rare Groove (qu’il publie sur ses compilations « Digs America » (http://www.deezer.com/album/9051757)), originaux ou remixés, ou dans leurs versions Latines Brésiliennes ou Cubaines c’est aussi l’animateur de sessions Live inédites à la BBC pour son radio show (http://www.bbc.co.uk/programmes/b01fm4ss), le talent scout envoyé spécial à Cuba d’Havana Cultura (http://www.gillespetersonworldwide.com/artist/havana-cultura/)1 et 2, et organise le Worldwide Festival à Sète (http://worldwidefestival.com/gilles-peterson/) et c’est sa première fois à Contretemps dont il a inspiré l’esprit d’ouverture!

Mais avant Gilles Peterson, il y avait en warnm up le vendredi 17 juin Frankeeto, rééditeur de perles Funk Soul avec DJ No Stress de Strasbourg sur Superfriends Records (https://soundcloud.com/les-disques-superfriends), et animateur de l’émission Natural Pleasures (https://www.mixcloud.com/Naturalpleasure/) sur Radio Meuh (https://www.mixcloud.com/Naturalpleasure/natural-pleasure-saison-6-vol-8keeto-selection/)!
Il mixe un bon Funk bien cuivré avec une bonne basse House à la Larry Levan ou Joey Negro, puis un track Soul « Tonight » ou « Baby » avec des claviers funk dégoulinants dignes de nos rêves 70ies ajoutant à l’authenticité d’un bon blues des claviers lasers à la Herbie Hancock (en fait « Byron’s Voyage » dans « High Life » de Byron The Aquarius (https://soundcloud.com/byron-the-aquarius/sets/ss060-byron-the-aquarius-highlife-ep-sound-signature)) reprenant le Maiden Voyage (https://soundcloud.com/byron-the-aquarius/sets/ss060-byron-the-aquarius-highlife-ep-sound-signature) acoustique de Herbie Hancock sur le label Blue Note.
Il y a aussi des chœurs avec un chouette clavier et des flûtes brazil, puis une bonne base funky sur des claviers à débordements, et la basse de « Chicago » (https://www.youtube.com/watch?v=el-hBKxwsOU) de Roy Ayers (https://www.youtube.com/watch?v=CLQQcirULpw) mais avec d’autres paroles « You don’t like, shut up and dance» et aucun de ceux là (http://www.whosampled.com/search/?q=Chicago++Roy+Ayers)!

Arrive Gilles Peterson vêtu d’un T Shirt Sun Ra!

Si ses compiles sont des pépites à écouter chez soi, ses mixes mélangent sa super sélection Soul, Funk, Rare Groove, Latine ou Brazil sur une rythmique House plus dansante.
A partir de ses sélections latines, il peut isoler les percussions et créer des rythmiques AfroBraziloCubaines ou AfroCubanoBrésiliennes! (http://www.gillespetersonworldwide.com/)

Ancien MC de Galliano, Earl Zinger a un soundcloud commun avecGilles Peterson (https://www.mixcloud.com/discover/gilles-peterson-feat-earl-zinger/) qui a presque un site pour chacun de ses nombreuses activités, l’accompagne sur scène depuis quelques années et avait introduit sa compilation « The INCredible Sound Of Gilles Peterson » en 1999 d’un « Free Your Mind and your ass will follow » (https://www.youtube.com/watch?v=t3JWIUFasR8).
Comme souvent Earl Ziger reste discret, derrière Gilles Peterson avec son sampler et sa boîte à rythme (https://www.youtube.com/watch?v=xqK1BypbUbI), rajoutant des sirènes Jamaïcaines et s’il prend le micro, il faut presque faire attention pour distinguer ses imprécations délirantes et vocaux ragga hallucinés d’une voix aiguë un peu à la David Bowie du mix! C’est peut-être aussi qu’il est très bien placé, s’intègre très bien au mix. On l’entend mieux sur du reggae. Et j’en ai marre des MC qui se mettent trop sur le devant de la scène !
Après une super sélection Soul Funk Rare Groove, Brazil et Cubaine, Gilles Peterson finit avec « Mr Funky Samba » (https://www.youtube.com/watch?v=Pk2jYsR1SSc) de Banda Black Rio! Je connaissais pas les autres tracks mais super sélection dans l’esprit positif « Let The Sun In, Let The Sunlight Shine! »

Jean Daniel BURKHARDT

THE PARADISE BANGKOK INTERNATYIONAL BAND à Django Reinhardt

20 juin 2016

À l’origine des compiles The Sound of Siam chez Soundway, exhumant les trésors de la musique traditionnelle thaïlandaise, Dj Maft Sai et Chris Menist ont formé [The Paradise Bangkok Molam International Band|soundcloud.com/paradise-bangkok] et enregistré un premier album (https://soundcloud.com/paradise-bangkok) au Studio Lam, soundsystem d’un bar à Bangkok couplé avec un disquaire.
Mo lam signifie « grand (mo) chanteur (lam) » en thaï, le molam est un style de rock blues thaï des années 60 70 campagnes de l’Isan, mais ce groupe est uniquement instrumental.

Kammao Perdtanon joue d’un luth thaï (qu’on appelle un « phin ») curieux, mais très beau : rouge, la caisse en forme de cœur et le manche ouvragé vers le haut d’un dragon ou autre oiseau magique.
Le khène est un orgue à bouche construit comme une flûte de pan asiatique qui se joue de profil en bouchant ou débouchant de ses doigts les trous des tuyaux joué par Sawai Kaewsombat.
Le reste du groupe est plus urbain et moderne : un batteur rock, Phusana Treeburut et et un bassiste funky, Piyanart Jotikasthira, Chris Menist aux congas et un autre asiatique aux petites percussions d’Asie, cymbalettes ou gong.
Le bassiste parle un peu anglais. Les titres n’en sont pas moins incompréhensibles!

Dès le premier titre, après le bon solo de luth thaï (un vrai virtuose ce luthiste) et le khène, qui ouvrent toujours la danse pour commencer par le côté trad, la rythmique basse batterie frappe par son groove implacable, urbain et irrésistiblement dansant qui dynamise l’ensemble en seconde partie.
C’est une façon efficace de respecter d’abord le son original originel acoustique des instruments traditionnels thaï qui supportent moins l’amplification électrique, puis de faire ensuite danser dessus jusqu’à la transe.

Ils continuent avec « Tricky Little Dub » (https://soundcloud.com/paradise-bangkok/tricky-little-dub) avec une intro de khène, puis la basse très groove qui rappelle même celle des Daft Punkou d’un track funky house de Joey Negro et assure sans les effets dub en live (https://www.youtube.com/watch?v=zQbXQ-Jj2jU&list=PLOjQN3×9Sc0oefF1FHGFmnIG28ZZEAQ8r&index=7) et le luthiste fait glisser ses trilles aigues du haut en bas de son luth phin!

Ils continuent avec «Waterfall» (http://www.somsaa.com/posts/2016/04/08/113/the-paradise-bangkok-molam-international-band) (Cascade, la musique thaï est souvent proche de la nature dans ses thèmes traditionnels, j’ai d’ailleurs passé « The sparrow and the waterfall » dans mon émission faute de disque de cet orchestre), mais la rythmique y rajoute son groove.
Quand le luthiste ne joue pas, ses doigts dansent dans l’air sur la musique.

Autre Thème champêtre « Roob Loi Pu Thaï » (https://play.spotify.com/track/6BQYH2TXXawJVdSi5wIWrt) (Chasin’ The Cow, « chassant la vache ») : le khène joue la pluie sur les rizières, puis plus rythmé sur les congas, puis la rythmique rajoute son funk lent comme décalage par rapport au khène, mais cela lui laisse aussi l’espace sonore pour ne pas être noyé par les instruments plus amplifiés.
C’est presque comme si on avait un groupe thaï traditionnel (luth phin khène et percus) «backé » par un groupe de funk même si la cohésion et l’écoute demeurent.

J’ai même cru retrouver la basse de « J’aime regarder les filles » (https://play.spotify.com/track/6BQYH2TXXawJVdSi5wIWrt) de Patrick Coutin dans le titre suivant, mais ils ne doivent pas connaître Coutin en Thaïlande quoiqu’ils aient de belles plages et des filles qui y marchent!

Un super concert de Trad Pop Thaï Funky qui s’en va au second bis !

Jean Daniel BURKHARDT

AFRICAINE 808 COSMIC WORLD au Shadok

16 juin 2016

Samedi 11 juin on pouvait entendre au Shadok [Africaine 808|soundcloud.com/africaine-808], duo berlinois composé par Dirk Leyers, moitié de Closer Musik qui fit le grand écart entre Buenos Aires et Cologne début 2000, et DJ Nomad, Hans Reuschl de son vrai nom, disciple musical du légendaire DJ italien Beppe Loda. [Leur musique se veut une rencontre entre la boîte à rythmes Roland TR-808 (prisée des fous de lignes rythmiques, du hip-hop à l’electro) et des sons piochés dans les musiques du mondes|vulkandance.com]. Un voyage sans retour Lagos – New York ou la découverte d’un Cosmicumbia seront deux des surprises du live qu’ils concoctent pour Contre-Temps.

En warming et after on pouvait entendre le dj colmarien [ARAMIS|soundcloud.com/aramis] tout d’abord dripper dans des remixs trippants de BOs et musiques des années 70s extraits de « Drippin’ For a Tripp’ » (http://www.juno.co.uk/products/dj-sotofett-drippin-for-a-tripp/559787-01/) de DJ Sotofett que je pris pour du Carlos Santana, mais remixé trip dub, tandis les V Jayes de «Super Dimanche » projetaient des danses de Marie Ziegman sur les murs, puis une femme bleue ornée de l’étoile de David et de la croix d’Ankh sur les murs, l’une plus dans les paysages, l’autre les personnages derrière la scène, dont un homme préhistorique d’un film de Jodorowski.

Arrivent Africaine 808 (https://golfchannelrecordings.bandcamp.com/album/basar), les deux DJs accompagnés d’un batteur en Live, Dodo, Africain ou Caribéen par son bonnet rasta.
Les deux musiciens électroniques sont l’un au sampler, l’autre à l’ordi et aux effets et la batterie live donne ou change le rythme.
Le début me fait penser à Frédéric Galliano et ses African Divas déjà passé à Contretemps il y a des années pour un Dj Set avant la fin du projet. avec «Esa & Mervin Granger-Visum (Africaine 808 Remix) » (https://soundcloud.com/africaine-808/esa-mervin-granger-visum-africanie-808-remix) La batterie est vraiment bien intégrée entre les samples et les effets, montant en breaks sur les effets dub.
Dans « Rythm Is All You Can Dance » (https://soundcloud.com/olfhannelecordings/africaine-808-rhythm-is-all-you-can-dance-12-mix), une voix Afro samplée est modifiée par les effets et rythmée par le batteur. Les trois se mélangent, se répètent, se suivent et se précèdent comme dans les solos de Jazz avec un jeu collectif entre samples, effets et batterie, sans frontière à l’écoute entre électronique et live dans cette Afro-Disco-Lectro bien homologuée avec la batterie Afro Beat à la Tony Allen (batteur de Fèla Kuti)
S’il y a un petit côté Kononno N°1, c’est plus dansant et pas que des balafons et sanzas amplifiés d’effets, mais plus tribal et électro à la fois.
Le passage entre batterie, sample et effet se fait imperceptiblement, et on assiste au jeu collectif des trois sans avoir le temps de se demander précisément qui fait quoi et comment, tant ça joue ensemble et collectif.
Les cultures aussi se jouent les unes des autres, les balafons rencontre leurs cousins les marimbas de plage sud américains dans « « Balla Balla » – Boiler Room Debuts » (https://soundcloud.com/platform/africaine-808-balla-balla)!
Ça me rappelle un autre grand moment de Contretemps ou électro et Live se mêlèrent avec L’Aroye (http://radiojd.blog.free.fr/index.php?q=L%27Aroye) en 2007.
Il y eut même des moments de flottements psychédéliques comme «Project01/That´s right (Africaine808 RMX) » (https://soundcloud.com/africaine-808/thats-right-africaine808-rmx)
Quel que soit le style ou les instruments, seule compte la cohésion musicale du groupe. Le sample peut être arrêté/repris par la batterie ou le sampler en drum’n’bass comme un vrai instrument ou une note d’un pianiste électrique ou synthétiseur, modifié par les effets comme sur l’Ableton comme on le verra ce soir avec Ben Vedren à la Kulture.
Les tempos world libèrent les phalènes du live à l’écho de la transe des balafons faisant chanter les chants pygmées.
L’électronique live permet aujourd’hui comme dans le dub, une modification improvisée en live de la musique et des sons comme les instrumentistes des années 70s (et de pousser leurs délires encore plus loin) d’une « Cosmicumbia » (https://soundcloud.com/africaine-808/africaine808-cosmicumbia-istr). Et quand comme ici elle joue avec le live, cela ouvre vraiment d’autres galaxies musicales où le passé serait présent et le présent le modifierait par son improvisation.
Qu’importe les djs, samplers, effets ou batterie live quand comme ici l’ensemble est dans l’instant cohérent et collectif.
A l’envoûtement hypnotique dématérialisant House/Electro (https://soundcloud.com/africaine-808/africaine808-cobijas-vd001) peut succéder l’énergie de l’Afro Beat et de ses percussions.
Le secret ? c’est peut-être la fluidité musicale en amont et l’écoute en live, tandis que sur l’écran un Danseur préhistorique nu de La Montagne Sacrée de Jodorowsky (https://www.youtube.com/watch?v=l9Xs65RrGGw) danse avec son ombre.

De plus en plus, et peut-être depuis longtemps que je ne pense, les djs sont, en plus des garants de la culture musicale remise au goût du jour pour les dancefloors (Gilles Peerson qu’on pourra entendre vendredi à la Kulture en est un bon exemple), des Discothèques au double sens conservatoire et actif par la danse, de réels musiciens électroniques et c’en est encore ici un bon exemple.

Le Final Set d’Aramis fut plus Afro House et rêveur, chill out exotique mixant voix, rythmes et autres liquidités musicales. Attiré depuis longtemps et toujours aujourd’hui par les sonorités africaines dans la musique électronique, Aramis a entre autre accumulé les vinyles de cette veine. Il était donc tout trouvé pour ouvrir et clôturer ce concert.

Jean Daniel BURKHARDT

BOOGALOO ROCAFORT à SHAKE YOUR GROOVE THING au FAT BLACK

14 juin 2016

Vendredi 10 juin il y avait aussi invités par Winston Smith résident de « Shake Your Groove Thing » au Fat Black Pussycat HARRY CALLAHAN & PHIL ROCK de [Rocafort Records| www.mixcloud.com/RocafortRecords/], né en 2013 avec un 45 tours de boogaloo. Formé par deux cousins basés entre Lausanne et Barcelone, ce label de musique indépendant est dédié à éditer et rééditer des morceaux passés inaperçus ou qui ne virent tout simplement jamais la lumière du jour. Des morceaux de Funk, Soul, Rhythm & Blues et Boogaloo provenant du Spanish Harlem de New-York aux rues de Bamako pressés sur vinyle pour le bonheur des danseurs et des DJ’s. Harry Callahan vit à Barcelone. Il est résident et programmateur au Marula Café, le club barcelonais de Black musique par excellence. Phil Rock vit à Lausanne. Il est co-fondateur du Holy Groove Festival dédié à la Black Music.

Ayant déjà Fulgeance trois fois, je suis donc allé au Fat Black me replonger dans le vieux boogaloo !

Le boogaloo c’est le funk latino new yorkais juste avant la salsa dans les années 60s.
A l’entendre je me dis que par rapport aux originaux de Son et Boléro cubain des années 40s, les vocaux des chœurs en espagnol sont remplacés et joués par des trompettes suraiguës assistées de saxos hurlants Rythm’N’Blues sur des rythmiques puis Deep Funk avec une touche Latine.
Ils jouent aussi de la rumba Africaine rééditée sous la compile « Africa Gone Funkee » (https://rocafortrecords.bandcamp.com/album/africa-gone-funkee).
En tous cas cette musique vit dérape, hurle, éclabousse de cris et d’instrus sauvages sur un assemblage de voix à l’ancienne, le tout construisant progressivement la mélodie.
J’ai même cru reconnaître la rythmique originale basse batterie de la « Suzette » de Dany Brillant dans un « Hey Hey Hallelujah » (mais plus festif que religieux depuis que Ray Charles avait mêlé gospel sacré et rythm’n’blues profane) ou celle de « Purple Rain » de Prince montré ce soir mardi 14 juin à la Splitmix au Star!

Une chanson suit l’autre, les mélodies parfois se ressemblent à partir du Blues noir comme « Baby Please Don’t Go » de Muddy Waters (https://www.youtube.com/watch?v=_EOwNItKOyo) ou « I Love The Way You Walk (Dimples) » de John Lee Hooker (https://www.youtube.com/watch?v=MNY0K82A7Ac) passé dans le Rythm’n’ blues, le Rock blanc par La Grange ZZ Top ou le Funk Noir ou la Suzy Q (https://www.youtube.com/watch?v=1mxaA-bJ35s) des fermier blancs des Creedence Revival, cette répétition hypnotique la rend d’autant plus addictive.

Dans les vocaux sauvages à la « I Owe Moo Ayo », on retrouve l’Afrique passée à Cuba par la pratique du Guaguanco que les esclaves noirs laissés entre Yorubas et réunis en cabildos (sociétés d’entraide) pouvaient pratiquer, contrairement aux Etats-Unis où toutes culture Africaine était réprimée.

Winston Smith pose aussi une perle méconnue sur trois comme « Il y a bien trop de filles » (https://www.youtube.com/watch?v=bMg9UyCvfmQ) de Sacha Distel en mode Samba funky en 1971, un peu à la Nino Ferrer (mais chanté de manière moins parodique et plus Jazz).

Il y eut aussi de la Bomba Portoricaine venue de l’isthme latin à quelques encablures de New York et deux 45 tours de la cubaine La Lupe reconnaissable à ses cris « AAAAAAh IIIIIII » dans une salsa et même une samba (https://www.youtube.com/watch?v=jyQhGGxPqhI)

Ils n’oublièrent pas le funk de James Brown hurlant qu’il est « Super Bad » (https://www.youtube.com/watch?v=LJ9CLOEOB5U) comme un bête sur une basse funky et des cuivres.

Les Soul Ladies furent présentes aussi comme l’original Funky de « Tainted Love » d’Ed Cobb repris après Gloria Jones en 1965 (https://www.youtube.com/watch?v=NSehtaY6k1U) par Rufus Swann en 1974 (https://www.youtube.com/watch?v=OyKsa3zbKuM) qui précédèrent la version New Wave de Soft Cell en 1981 (https://www.youtube.com/watch?v=XZVpR3Pk-r8) et nous la font entendre autrement.

Ils passèrent aussi un track Jazz que Gilles Peterson (à CONTRETEMPS le Vendredi 14 juin au Roc en Stock 25 rue du Maréchal Lefèbvre) avait sélectionné pour ses « Incredible Sounds » : « Who’s Afraid Of Virginia Woolf ?»n Part 2 de Jimmy Smith (https://www.youtube.com/watch?v=pIdUlQMShQk)

Winston Smith, qui organise aussi les « Soul’N’Skapéromix » (https://www.facebook.com/soulnska/) nous emmena aussi vers la version Ska Jamaicaine « Bluebeat » du Rythm’N’Blues avec un Prince Buster.

Et juste avant la fermeture un dernier « My Boy Lollypop » de Millie Small (https://www.youtube.com/watch?v=ZCUcbRTB6Rs)

Jean Daniel BURKHARDT

NDAGGA RYTHM FORCE AU CLUB LAITERIE

10 juin 2015

Ndagga Rythm Force (http://ndagga.com/) fut produit par le DJ Techno Dub Berlinois Mark Ernestus qui ne les a pas suivis hier à Strasbourg !

C’est à croire que ça va taper (casser ?) plus dur à droite qu’à gauche de la scène, s’il faut en juger avant le concert par le nombre de baguettes prévues avant le concert (4 à gauche, 11 à droite, pour un nombre équivalent de 3 percussions de tailles diverse), ainsi qu’une batterie, clavier et guitare !

Mangone Ndiaye Dieng à la batterie débute sur un rythme Africain, puis Jazz, puis Assane Ndoye Cisse à la guitare, Ibou Mbaye clavier , Mbene Diatta Seck (https://www.youtube.com/watch?v=_rPIzyKkuNs) chanteuse vêtue de noir à voix vibrante et puissante, son frère Modou Mbaye au talking drum, Bada Seck au sabar, , et Serigne Mamoune Seck au sabar. et Danseuse/Rappeuse Fatou Wore Mboup coiffée à la Cathy Guetta ou Tina Turner grande époque que j’ai cru s’appeler « Fatou Adou Wawo »? La chanteuse répétait « Wawo » et « Wawa »

Beaucoup d’écho sur les micros donnait un côté Sound System sur le groove de la guitare partant en mbalax https://www.youtube.com/watch?v=Q-cwfm79LDA
.
Les bras de la danseuse Fatou Wore Mboup semblent rougir au feu de la danse et même fumer.
Ils saluent et font monter sur scène un Frédéric de Casamance. Le guitariste Assane Ndoye Cisse est le père de la chanteuse Mbene Diatta Seck, Modou Mbaye au talking drum son frère.
La mélodie rappelle un peu Zombie (https://www.youtube.com/watch?v=jvxiL0cnh9U) de Fèla Kuti, chanson interdite par le régime (il y traitait les soldats de Zombies) pour laquelle ils défenestrèrent sa mère à Kalakuta !

Modou Mbaye au talking drum donne à la chanteuse Mbene Diatta Seck des billets de banque dont elle met dans la bouche du joueur de sabar de gauche jouant agenouillé un billet de 50 €. Dénonciation de la corruption de la Françafrique ou du racket de l’Afrique, de sa dette d’AOU Airlines (seun Kuti, le fils de Fèla dit « African Airways » (https://www.youtube.com/watch?v=yKdMsiTkGTg) : « African Airways n’est qu’une parodie du système économique africain. J’essaie de montrer l’Afrique, le système économique africain, comme un avion. Le numéro du vol est « AAIOU » [dont la fin se prononce « I owe you », soit « je te dois »], parce que l’Afrique doit de l’argent à tout le monde. Aux commandes, il y a un pilote occidental et un stupide co-pilote noir. Comme dans les films, le co-pilote est toujours noir mais n’est jamais très malin. Nous avons des moteurs chinois et une tour de contrôle dirigée par la Banque Mondiale. Mais où va cet avion ? Seun Kuti : Nulle part ! Il va s’écraser ? Seun Kuti : Il va traverser de terribles turbulences. Je ne sais pas s’il va s’écraser. J’espère qu’il ne le fera pas. Mais le fait est que notre développement économique n’a aucun but. Il manque d’idées. Mais, tant que le monde des affaires fait de gros profits, personne ne s’en soucie. Pourtant, en tant qu’Africains, nous méritons un authentique développement. Alors, quelle est la solution pour cette compagnie d’aviation ? Faut-il virer son directeur ? Seun Kuti : Les passagers doivent se saisir de l’avion et le poser, puis discuter d’une nouvelle destination et de la meilleure façon de le faire voler. Avant tout, nous avons besoin d’un nouveau pilote. Notre pilote occidental et le stupide co-pilote africain sont totalement incompétents. Il va également falloir échanger nos moteurs chinois contre des moteurs africains. Les Africains sont capables de créer des avions made in Africa » (Interview Mondomix 2014).?

Joué sous l’aisselle, le talking Drum rajoute une note plus chaude et moins sèche aux tambours sabars, clapote comme l’eau d’un fleuve d’Afrique sous les jeux enfantins et semble en effet parler, converser!

La danseuse perd ses sequins à force de danser, m’offre une perle que je perds, deux autres et un sequins comme une petite pièce minuscule! Il faut dire que crie « WAWO ! » à chacune de ses apparitions ! Elle a déjà fait monter plusieurs françaises du public sur scène pour danser avec elle, danse à en perdre sa perruque, revient habillée autrement d’un pantalon Africain et un T Shirt IBRA FALL (http://www.xibar.net/PHOTOS-LA-RENCONTRE-ENTRE-CHEIKHOUL-KHADIM-ET-CHEIKH-IBRA-FALL_a37005.html), un mystique et guerrier africain de 1883 encore adoré par les « mourides » et d’un bonnet un peu comme les soufis Gnawa sans ponpon pour une chanson « Ila Ilala » (peut-être un hymne soufi Africain ?)

Les deux filles jouent aussi du sabar sur le groove de la guitare très bien en place qui enrichit discrètement mais très efficacement l’instrumentarium percussif de Blues, Jazz, Groove ou de finesse de kora dans les arpèges puis accélère en groove.

La danseuse danse sa transe de façon épileptique, possédée, comme pour prendre le bien de l’instant et exorciser le mal de ce démon qui la possède et l’habite dans un exorcisme positif. En Afrique les transes sont guérisseuses puis quitte la scène après son éruption!

La danseuse avec des pans de vêtements blancs sur à la taille et aux mains comme des ailes de colombes, les mouvements de bras rappellent le vol tourmenté d’un oiseau dans la tempête!
Elle montre qu’elle est plus musclée que le talking drum quoique plus petite et lutte avec le talking drum au sol! Sa danse est défi et insolence, affirmation d’elle-même !

https://www.youtube.com/watch?v=ltZ8uVBlQcI

A sa énième invitation j’ai fini par monter sur scène pour la première fois de ma vie (à quatre pattes mais sans renverser le kit sabar en me relevant ce qui eût été catastrophique ni tomber ce qui eût été ridicule), a voulu danser et lutter avec moi en dansant « Qui est pour lui ? » Quelques clameurs, « Qui est pour moi ?» Clameurs mais je dis « Moi aussi ! » je suis pour elle, bien sûr!

La dernière danseuse sur scène m’a de loin surpassé dans la danse, presque à l’égal de l’Africaine!

JDB

MARSHALL JEFFERSON AU LIVING ROOM

8 juin 2015

J’ai Mieux aimé Marshall Jefferson vêtu d’un T Shirt Sourire Acid Souriant « Rave Musice Against Racism» que Derrick May il y a deux ans ou même Carl Craig au Colod’Art! Même si on ne mixe pour un club comme pour un hangar!
Derrick May est de Detroit donc une sorte de ‘machine’ (le dit lui même ‘comme tout le monde a père ou quelqu’un dans sa famille qui faisait des voitures chez les noirs de Motor City’) qui fait du jazz avec machines, c est presque déjà un robot! A Detroit y avait que le label Soul Motown et après il est parti a New York! Laurent Garnier dans son autobiographie « Électrochoc » quand il va a Detroit au musée Motown il pleure! La bas le cordon de flics ne quitte jamais le pourtour du ghetto noir! Il a quand même mixé du Funk dans une école (grâce au jeu de clés d’un pote des djs balayeur pour des mamas noires, jusqu’à ce que la police débarque ! Son meilleur souvenir dit-t-il!
Marshall Jefferson, lui, est de Chicago! Le jazz, le funk, la soul y étaient historiquement plus implantés! Donc sa House a davantage une base de voix soul, instrus jazzy, sur un rythme funk house à basse accélérée et rythmique montée par machines! Il est plus âgé aussi! Mais moi je suis un vieux con qui aime encore je jazz, le funk, la soul!
Pour la petite histoire, quand Frankie Knuckles voulut vendre sa boîte à rythmes, ses collègues lui conseillèrent de la vendre à Chicago… En effet elle gardait les rythmes en mémoire Et c’est ainsi que les premiers tubes House furent enregistrés sur cette boîte à rythme, comme « Move Your Body » !
Il a fini par son tube ‘MOVE YOUR BODY’ surnommé ‘l hymne house music’ (House Music Anthem) en 87, augmenté de claviers! Et quand suis sorti a 4 h du matin, les oiseaux chantaient encore la mélodie de « Move your body » à plusieurs! Je vous jure !

JDB

FREEZ PELOUSES SONORES

8 juin 2015

J’ai pas tout saisi, mais alors que sur le papier (un trio Rap/trompette/Batterie/ samples), j’aurais pas pensé que ça me FREEZ (www.soundcloud.com/F-R-E-E-Z)erait ou me
glacerait d’indifférence justement, ben comme d’habitude j’ai bien aimé! j’ai
cherché votre Soundcloud, pas trouvé mais y a déjà des Freez à Munich!

Le second morceau « ….of a mind » Excellent!

Positive Excellent!

Et le balafon à la Konono/Not Aione n 1 aussi!

La trompette d’Octave Moritz trouve plus d’espace pour s’exprimer dans cette
formation réduite, à la Truffaz, au bugle ou même à la trompette laissée coudée
en périscope par Dizzy Gillespie après l’avoir laissée tomber (il a trouvé que
ça sonnait mieux ainsi) et il joue super bien!

Aimé la chanson avec un côté Rap Rock Beastie Boys dans le
refrain et Groove dans les strophes!

D’ailleurs n’est pas que réduite mais AUSSI la plus AUGMENTEE par les samples de
bonnes musiques mais du passé donc qu’on pourra plus entendre live et gens
qu’on aimait bien comme B B King (je l’ai pas reconnu j’avoue)!

et un Trio offre à chacun plus de liberté pour s’exprimer et d’interaction entre
ces 3 individualités! Comme on dit chez toi dans le Jazz « Three Is A Crowd »!

Et bien sûr même si je comprends presque rien parce que tu rappes trop vite et que je ne suis quand même pas complètement bilingue anglophone alors je me laisse emporter part le flow dans la rivière des mots plus pour pour leur son musical que pour leur sens!

Mais j’ai entendu un « Flamin goes » passer près de « nothing grows » et le message est toujours aussi positif!

Si Art District c’est ce qu’est le Hip Hop urbain (avec plus d’humour potache mais sans aller jusqu’à l’agressivité de Rouge A Lèvres), Blockstop ce qu’il aurait pu être dans les années 70s (était un peu pas Gil Scott Heron), Freez serait ce qu’il peut devenir Réduit en personnel mais Augmenté de samples!

Jean Daniel

DEBRUIT & ALSARAH A L’OUVERTURE DE CONTRETEMPS

9 juin 2014

Le Festival Electro Groove Contretemps (http://www.contre-temps.net/) s’est ouvert jeudi dernier avec un Live de Dèbruit & Alsarah (https://soundcloud.com/soundway-records/d-bruit-alsarah-alkoan-baladi) qui ont sorti leur album Alsarah (http://www.lemellotron.com/2013/09/23/aljawal-debruit-alsarah-2013-soundway-records/) au Musée d4art Moderne et Contemporain !
Lui est DJ et musicien électronique, elle une chanteuse qui a fui le Soudan pour Brooklyn !

On y entre par les claviers modifiés de Débruit comme en une rencontre spatiale du 3ème type aux notes obsédantes (http://www.dailymotion.com/video/x2wdl7_rencontres-du-3eme-type-langue-des_shortfilms), puis arrive Alsarah lançant des appels de louve modifiés par les boucles de Débruit! Elle utilise deux micros, un pour le chant live, un autre plus éloignés pour qu’il modifie son chant de ses effets!

La seconde chanson est dédiée à un chanteur qaui considèrait l’Univers comme sa maison. Elle y révèle une voix de cantatrice arabisante dans l’aigu comme dans la musique Soudanaise Traditionnelle, enchaîne avec leur première chanson, l’éponyme Aljawal (http://www.youtube.com/playlist?list=PLkZkciiW0hVrNiyWGRUtNAc_Ic69lbkPM), entourée de cris et clameurs tribales qu’il lui renvoie après qu’elle les ait poussées, nous emportant avec cette tribu désertique imaginaire sous ses youyous !

Elle poursuit avec une nouvelle chanson composée à Bruxelles (http://www.youtube.com/watch?v=bJEB30Hdb4I) célébrant une femme qui se libère pour voir les beautés du monde et surmonter ses peurs! Sur une guitare Rock Turque Indianisante Bollywoodante samplée par Débruit en collages tectoniques défiant le temps et la gravité musicale. En fait Débruit ne déconstruit que pour y rajouter des musiques oubliées, les réduit à DES BRUITS et les projeter les uns contre les autres non sans attraction musicale!

Suit Dreamer (http://www.youtube.com/watch?v=-WRIVCicHXU) , “souvent nous sommes subjugués par la réalités, alors que nos rêves pourraient nous inspirer davantage».
Et à la demande d’Alsarah, le public enthousiaste assis envahit enfin le bord de la scène pour danser, intensifie une transe de bédouins modernisée façon Dubstep par Débruit, quand soudain, Alsarah saute de la scène et court vers la porte (pour lui faire une surprise dira-t-elle plus tard) nous laissant seuls avec CEBRUITS, non pas Débris, saucissonnés de l’Inde mais ventousés ventousant aimotionnellement déjouant les folklores existants vers un syncrétique folklore imaginaire fictif.
Et si DEBRUITER c’était au contraire REDONNER sens ou au moins Forme à ce que les Bruits (ou la musique réduite à des bruits) auraient de non contrôlés, d’accidentel et d’aléatoire, de non intelligible contrairement à la musique!

Alsarah revient pour Jamilia (http://www.youtube.com/watch?v=PBYlaEg9Buk ), hommage à la Beauté féminine, à tout ce qui est féminin dans la Terre, la Mer, le Ciel, Homme et Femme, Vie et Mort! Elle commence en prière tournoyée qu’elle chante a capella et dont lui fait par ses effets sonore, son traitement sonore le chemin, les échos, les canyons et les lacs ricochets, crée un paysage en live pour faire voyage cette voix!

La chanson suivante trouve dans sa course dans les grands espaces sonores qu’il construit ou débruite pour elle quelque chose des pow wows amérindiens, de certains chants sauvages qu’il accélère vers le Nord de l’Europe, vraiment une belle complicité vocalo//électronique entre eux !

Suit Sharara (http://www.youtube.com/watch?v=XfskIi2G9UY), chant traditionnel pour quatre voix de femmes et des percussions, Débruit recomposant cette transe d’une façon proche du Mexican Institute Of Sound (http://www.youtube.com/watch?v=kpm3rupZyRc)!
Parfois il lui envoie en plus de l’écho sa propre voix comme choriste ou tribu de femmes à l’unisson de sa voix, crée des dunes sonores et des mirages musicaux envoûtants en architecte sonore efficace.

En Bis ils reprennent Ya Habiba (http://www.youtube.com/results?search_query=d%C3%A9bruit+%26+alsarah++habibi) sur un oud techno et des beats de Débruit rappelant On The Road Again de Canned Heat (http://www.youtube.com/watch?v=qRKNw477onU)

La voix d’Alsarah et sa complicité musicale avec Débruit dans le respect de ce qu’elle à d’humain et le syncrétisme des cultures est une expérience musicale qui donne de l’espoir pour l’avenir des musiques traditionnelles et électroniques !

Jean Daniel BURKHARDT