Le guitariste (http://www.youtube.com/watch?v=dyYy5X4s6gM) et chanteur Ghanéen Ebo Taylor (http://www.myspace.com/ebotaylor ) est le fondateur du High Life (ancêtre Ghanéen de l’Afro Beat de Féla, mélange de Funk, Soul, Musiques Latines (http://www.youtube.com/watch?v=XIc-FSuSRsA&playnext=1&list=PL498D4C03534F3A3C ) et Rythmiques Africaines) (http://www.youtube.com/watch?v=bGnJW4v-mtM).
Ebo Taylor quitte son Afrique natale en 1962 (http://www.youtube.com/watch?v=cMiPIq0dfmo) pour s’installer à Londres afin d’étudier d’autres genres et de bonifier le sien. Financé par des gouvernements africains, Ebo Taylor officie au sein du « Black star highlife », band essentiellement composé d’étudiants, lui permet de confronter son style à un côté plus occidental (http://www.youtube.com/watch?v=TTw-lBBO4XU ).
Il semblerait même que le Nigérian Féla Kuti lui ait piqué quelques trucs, au niveau du placement de la voix et du débit ((http://www.youtube.com/watch?v=X8JroeCwflw&feature=related) pour son Afro Beat plus Rock & Electrique pour se démarquer du High Life par des impros plus Jazz et au message plus anticolonialiste (mais la plupart des noirs d’Afrique devaient alors se libérer de leurs complexes dus au racisme, à l’esclavage et à la colonisation subis).
De retour aux pays, Ebo Taylor produit une grande quantité de morceaux pour différents labels et travaille aussi bien entouré, comme avec C.K Mann (http://www.youtube.com/watch?v=KPs6Lxt4pCk), autre figure plus jeune du highlife.
Redécouvert grâce au premier Ghana Soundz (http://www.youtube.com/watch?v=DMCCTNwovuE&feature=list_related&playnext=1&list=AV4oVf-d_DwKAyPT6GGylKxfFh13iPSOdG), les amateurs ont retrouvé avec joie Ebo Taylor dans un registre plus Latin Soul par ses saxophones, cuivres et percussions pour Twer Nyame (http://www.youtube.com/watch?v=TS3-hzPMc-Q&feature=related) sur le second.
Toute cette production se retrouve éparpillée sur diverses compilations (http://www.youtube.com/watch?v=zj5VtNgdl7U&feature=related), notamment chez Strut.
Son dernier album s’intitule « Love And Death » et fut enregistré avec l’Afrobeat Academy de Berlin (http://www.youtube.com/watch?v=dyYy5X4s6gM) et a remporté avec un grand succès.
Ebo Taylor commence son concert avec « Victory », sur une guerre entre deux villages exaltant les vertus guerrières et nationales, instrumental déjà enregistré sur « Conflict Nkra » avec Uhuru Yenzu (http://www.youtube.com/watch?v=SFu_KEaGljA ), puis repris sur son dernier album « Love & Death » (http://www.youtube.com/watch?v=rq-nqnv6e9g&feature=related ), plus axé sur le saxophone et la trompette de l’Afro Beat Academy.
L’un de ses musiciens harangue la foule « This Is Ebo Taylor !!! »
Sur le premier titre chanté, Ebo Taylor a une voix plus aigue que Fèla Kuti, mais danse encore à plus de 70 ans sur les chœurs « Africa ». Dans son solo, on voit qu’il est un grand guitariste sur la batterie cataclopante latine, les nappes du clavier, la guitare rythmique wah wah de ces musiciens plus jeunes que lui, avec les cuivres à l’attaque tels des lions d’Afrique, le clavier dansant sur les roulements de la batterie.
Le tempo s’accélère avec « Nga Nga » (http://www.youtube.com/watch?v=MO3vNO6yhlM ), nouvelle chanson d’après une comptine ghanéenne : le premier doigt dit « Nga Nga », le second « Qu’est-ce qui ne va pas avec toi ? », le troisième « peut-être qu’il a faim », l’index « peut-être amène la nourriture », et le pouce dit alors « si tu amènes la nourriture, je le dis à papa ». Sur ce tempo plus rapide, Ebo Taylor est plus proche de Fèla avec cette voix de prêcheur énÔrme, plus Afro Beat.
Le titre suivant est plus funky sur un rythme Reggae avec des rires « AHAHAHA » tonitruants d’Ebo Taylor. Le solo de saxophone part très vite jusqu’aux basses puis au cri.
Ils poursuivent avec « Mizin » (http://www.youtube.com/watch?v=CeQ1rvepgfg), critique de l’ingratitude et des rumeurs de ceux qui salissent son nom après avoir profité de ses bontés. Le solo de guitare d’Ebo Taylor est plus Jazz sur la guitare wah wah.
Suit la chanson la plus bouleversante qui donne son titre à son nouvel album « Love & Death » (http://www.youtube.com/watch?v=19SLUVaOfCs) , déjà gravée sur «Conflict Nkra » (http://www.youtube.com/watch?v=oWSfbunmWdM) dans les années 80s avec des chœurs féminins. C’est quand sa femme l’a quitté qu’Ebo Taylor a compris que Love & Death », « L’Amour & La Mort », sont liés et indissociables. Le rythme est plus vif sur le dernier album, le texte plus émouvant chanté par la voix d’Ebo Taylor avec ce côté à peine éraillé qu’elle a pris avec le temps et les revers de la vie, prêchant son message aux « Brothers & Sisters », plus émouvant dans ce registre plus sentimental, que le didactisme politique anticolonial de Fèla, ou plus proche de celui de « Coffin For Head Of State » (http://www.youtube.com/watch?v=Q021-VyLzpk ) après qu’il ait été blessé et sa mère défenestrée par l’armée Nigériane.
Ebo Taylor peut aussi être un grand guitariste électrique Hendrixien (http://www.youtube.com/watch?v=XIc-FSuSRsA&playnext=1&list=PL498D4C03534F3A3C ).
Il revient encore en Bis avec un hommage aux Femmes Africaines, grosses ou maigres, « African Woman » (http://www.youtube.com/watch?v=jGWoXWzwm0I) comme une réponse à « Lady » (http://www.youtube.com/watch?v=DoAI8IrGpKk ) de Féla et peut-être sa chanson la plus proche de son phrasé.
Enfin , avant de partir, Ebo Taylor joue encore « Heaven » (http://www.youtube.com/watch?v=uljMZ3m0W2g ) avec un solo de saxo à la Macéo Parker et des vocaux tribaux à la Fèla, puis explosion de batterie finale.
Seul survivant des deux, Ebo Taylor en est venu à rapprocher son High Life de l’Afro Beat de Fèla Kuti qui l’avait créé plus électrique et plus Rock par réaction/différenciation par rapport au High Life d’Ebo Taylor qui l’avait précédé et à en perpétuer sa propre version .
Et aujourd’hui c’est Ebo Taylor qui nous émeut doublement en nous rappelant inconsciemment certains aspects de Fèla que nous ne verrons jamais sur scène, ou ce qu’il aurait pu être à son âge, ayant trouvé paix et sérénité après les combats de sa jeunesse.
Mais la relève est aussi assurée par les fils Fémi (qui n’a jamais été aussi proche de son père que sur son dernier album) et Seun Kuti (en interview dans l’avant-dernier Mondomix et en concert le 7 août à 17 h au Festival « Au Gré Des Jazzs » de La Petite Pierre.
Jean Daniel BURKHARDT