EXPOSITION SANS CONSERVATEUR
« Sans Conservateur » à cause de la valeur éphémère et libre de l’art urbain est une exposition collective et évolutive de plus de 20 artistes locaux, nationaux, européens ou internationaux du 1er au 11 juin à l’espace COLOD’ART, 28 rue du maréchal Lefèbvre à la Plaine des Bouchers, Meinau. Une Vente aux Enchères vous permettra d’acquérir les œuvres le Samedi 11 juin à 16 h.
Au bout de la rue, difficile de rater l’immeuble, annoncé par des œuvres picturales égayant de couleurs les murs cette austère Zone Industrielle dont une réalisation de Jana et JS recréant l’espace urbain et une figure féminine sur le mur vierge.
A l’entrée, une première salle propose les œuvres de SLY2 (http://www.sly2.fr/) (PARIS) et ses portraits de femmes « Cicatrices » font beaucoup penser aux héroïnes de « La Quête de l’Oiseau De Feu » de Loisel, indienne souriante à la bombe sur Kakemono, un CRI de de révolte, de rage, de plaisir ou de joie…
Un homme happening, le corps recouvert de papier ou de toile blanche, implore dans un micro « remplissez-moi, peignez-moi, taggez-moi » en prposant quatre marqueurs aux amateurs, tel un spider man vierge et laiteux. VIRGIN SPIDER.
Pixel Pancho (http://www.myspace.com/pixelpancho) (Espagne) est plus influencé par l’univers japonisant de Murakami dans son «CLASS SHOT » où l’on retrouve le gentil robot bento de ses dessins animés, entouré d’autres robots et d’une seule et unique petite fille.
Plus inquiétants sont ses robots d’INDUSTRIES dans « BONE », auxquels il manque la bouche.
Plus humain, d’un héroïsme à la Dali est l’Oncle SAN CRUZANDO Las Alpes » sur un cheval mécanique escaladant crânes et casques, suivi de quelques timbres.
Finalement ce monde joliment coloré est déjà peuplé de robots sympathiques.
On connaît bien Dan23 (http://www.dan23.com/ ), dont on retrouvera avec plaisir « Shuffle », Miles Davis à la tête explosant sous les effets et l’électricité de sa trompette, Trane et Wes Montgomery, une envolée d’oiseaux « Flying » sur des panneaux de bois, « Sweet Love » sortant de sa douche…
L’Anglais FIN DAC (http://urbaninibiza.com/2010/artist…) et son « Art Urbain Esthétique » y ressemble beaucoup par son amour des musiciens (Jimi Hendrix notamment) , quoique travaillant davantage au pochoir. Pas encore arrivé hier, il présente deux portraits à lunettes, avec cravate comme un trader de la city ou avec chemise à carreau, rocker ou au vert d’un cottage, un peu à la Elvis Costello.
Eric Thépot (Strasbourg) (http://ma-tvideo.france3.fr/search/…) réalise des “portraits abstraits” dont on perçoit surtout le mouvement de cette série “Sanglier”. « 3 Roses et un Crâne » permet de mieux voir sa perception à la Seurat pixelisé d’une nature morte, et dans l’autre pièce « Col Vert » est la base de ses portraits (le col, la cravate du sujet).
Plus gai, Jaek El Diablo (http://www.jaekeldiablo.com/ ) (Strasbourg) détourne Walt Disney avec « Disney Club Crack » où Panpan rose et ivre smurfe sur le sol devant son poste de radio avec « LIFE & BITCH » tatoué sur son ventre de peluche!
« PARFOIS IL Y A DES MOTS » de Sean Hart (http://theseanhart.blogspot.com/ ) (Paris) intercale ses commentaires écrits en lettres capitales: JE SAIS QUE CA PEUT TE SEMBLER ETRANGE, MAIS JE PEUX PAS T’EXPLIQUER répondant à l’abstraction de Thépot, puis NOUS SOMMES CE QUI DEMEURE A L’INTERIEUR au milieu des crânes d’ ANTISTATIK (http://antistatik-shop.com/ ) semblant leur rendre vie et sur une photo, écrits sur des immeubles devant lesquels rient des enfants «VENEZ VERS MOI / ABANDONNEZ LES AUTRES / MES BRAS ONT FAIM DE VOUS MON AMOUR », ajoute de la poésie, moins absurde qu’un Ben, par exemble.
Jana et JS (http://www.janaundjs.com/) composent avec et sur le paysage urbain, à partir de lui des fenêtres de HLM entourant leur « Petite Fille de la Rue Jeanne D’Arc » ou une mère à l’enfant sur un mur en ruine.
Au Vestiaire, une fille nue se fait pendre le corps : un écran de télévision autour des seins (+ 18) et le reste en muraille avec des collages pochoirs de papier journal.
A les voir ensemble les œuvres s’interrogent : les têtes de mort d’Antistatif ajoutent leurs courbes humaines aux lignes abstraites des Thépot, Jaek El Diablo en noir et balnc rappelle un peu le style à la Robert Crumb de SIXO et pour Sean Hart « L’ART EST VITALE A LA DEMOCRATIE » L’Art serait-il féminin?
SALLE 2
Brice Maré (http://www.facebook.com/pages/Brice… ) peint des formes géométriques auxquelles les volumes donnent relief, et une de ses étoiles floconnantes s’étend jusqu’au sol à l’entré.
Finalement les personnages de SIXO (http://www.myspace.com/51×0) sont plus tristes que chez Robert Crumb, dont le personnage fan de Jazz et de Blues le représentant se désespérait du rock des années 70ies, mais baignait dans sa créativité, ou de Gotlib : vieillis et comme enchaînés par leurs tatouages sur leurs peaux flasques à leurs familles, obligation, travail…
Dans une Salle Obscure est proposée une expérience artistique rare : tagger un train avec une bombe VIRTUELLE en choisissant couleur, grosseur du trait, et sans que cela gêne la SNCF plus que cela, ainsi qu’un diaporama d’œuvres en milieu urbain rappelant Ernest Pignon Ernest à Naples.
C’est quand même en couleurs que les héroînes Pop Art à la Lichtenstein de Jaek El Diablo prennent toute leur ampleur ou ses Comics à la Marvel parodiant les 4 Fantastiques avec des pilules volantes et l’un d’eux s’énervant « WHICH MOTHERFOCKER STOLE MY FLOW ? »
VITO STREET (http://vitostreet.ekosystem.org/) est un photographe urbain Parisien qui traque les œuvres éphémères dans la capitale en Archiviste ou Mémoire. Certaines sont magnifiques
CHIFUMI (http://www.chifumi.fr/shop.html) de Mulhouse détourne les codes du Hip Hop en tatouant sur des bras POUVOIR ou EMEUT(E), écrivant parfois en grec ancien.
Sean Hart montre un côté plus violent et révolté, photographiant la crémation d’une carte d’identité dans son lavabo ou écrivant DESTROY TO CREATE sur une plaque de verre fêlée et au mur « THE WORLD BELONGS TO NOONE » citant Yunus Emré, poète turc sans le savoir : «Assieds-toi, faisons connaissance. Rendons aisé le malaisé. LE MONDE N’APPARTIENT A PERSONNE »
Face à un déambulateur, la seule œuvre PRIX A DEBATTRE, entrecroisement de lignes blanches sur fond rouge dont se dégage un visage de Tony Weingarten. Les autres sont mises à prix plus de 100 € tout de même.
WISE (http://www.fatcap.org/artiste/wise…. ) dit que “Le graffiti c’est un tas de con et d’emmerdes…mais pourtant je n’arrêterais pour rien au monde ». il propose non pas ses œuvres Street Art mais de belles couleurs comme peintes sur des gouttes, évoluant du jaune au rouge, du vert au rose, mais aux titres bien dans le même style : « Une bonne douche pas come les autres ça fait aussi du bien sur un con », « Une bonne gueulante ça fait du bien » (du noir au rouge), « Une bonne douche ça fait du bien » (du bleu au noir sur un volume sphérique), « Un matin pas comme les autres » (du vert de plus en plus lumineux) et pour finir «un coup de bite aussi ça fait du bien » du rose fuschia clair au plus sombre. Le talent du coloriste donne du sens/dépasse/sublime l’absurdité provocatrice du message. Un Dadaïste actuel ?
MONEYLESS (http://www.flickr.com/photos/fabriz…) de Milan est parti de structures géométriques pour créer des formes nouvelles abandonnées dans la nature.
Sur un panneau Central, d’autres œuvres et en face celles, écrites en lettres capitales, de Pierre Fraenkel (http://alsacherie.free.fr/galerie.p… ) de Mulhouse détourne des photos de mangas japonais (Goldorak) ou écrit des slogans dans de petits cadres de tableaux (JE PEUX PAS J’AI PISCINE) voire dans la rue (LA CHOSE FEE DU BIEN).
Jean Daniel